Chaque jour, le critique de cinéma du Figaro livre ses impressions en direct de la Croisette. Aujourd’hui, il remarque que les professions ordinaires ont disparu du grand écran.
Certes, on s’affole. Bien sûr, on s’indigne. La polémique fait rage sur une minuscule portion de littoral. Il n’y a vraiment pas de quoi. Les pétitionnaires anti-Bolloré n’ont qu’à observer les films de la sélection. Si l’on en croit les images projetées, dans leur milieu, le chômage n’est pas pour demain. Apparemment, les professions délirantes – définition de Paul Valéry – se portent à merveille.
Dans Histoires parallèles, Isabelle Huppert est romancière. Elle ne sort pas de chez elle. Le héros de Fatherland exerce le même métier, mais il a des excuses : c’est Thomas Mann en personne. La Léa Seydoux de Gentle Monster n’a pas d’autre choix que d’être pianiste. Pointer à l’usine, vous n’y pensez pas. Une sculptrice est au centre de Quelques jours à Nagi. Des réalisateurs sont scrutés à la loupe par Rodrigo Sorogoyen et Pedro Almodovar, comme si l’Espagne avait honte de ses toreros et de ses promoteurs immobiliers.
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