le coût du double séisme évalué à près de 20 milliards de dollars par la Banque mondiale


Le double séisme qui a frappé le Venezuela le 24 juin a causé près de 19,6 milliards de dollars de dégâts, touchant principalement les logements et les infrastructures.
Avec plus de 5300 morts et près de 17.000 blessés, le pays fait face à un vaste défi de reconstruction.

Le double séisme qui a frappé le Venezuela il y a un mois a provoqué près de 19,6 milliards de dégâts, selon une estimation publiée jeudi par la Banque mondiale (BM), dont près de la moitié concernant des bâtiments résidentiels. Les deux tremblements de terre – d’une magnitude de 7,2 et 7,5 – ont secoué le 24 juin le nord du pays, provoquant l’effondrement de centaines d’immeubles à Caracas et dans l’état côtier de La Guaira, proche de la capitale, provoquant la mort de 5398 personnes, selon le bilan du gouvernement vénézuélien.

Près de 17.000 personnes ont également été blessées et le bilan pourrait encore évoluer alors que plusieurs milliers de personnes sont toujours portées disparues. Selon l’estimation de la BM, 47% des dégâts concernent du bâtiment résidentiel, 27% des infrastructures et 26% des bâtiments non-résidentiels, c’est-a-dire majoritairement commerciaux ou industriels. Cette estimation ne prend cependant en compte que les bâtiments et infrastructures. Au début du mois, les Nations unies avaient elles évalué les dégâts provoqués par les tremblements de terre à 37 milliards de dollars, une différence qui peut s’expliquer par des différences méthodologiques, notamment. Le rapport de la BM précise que son estimation se situe dans la fourchette de celles réalisées par d’autres organisations, qui vont de 6 milliards à 37 milliards de dollars.


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«Cette estimation donne au gouvernement vénézuélien et ses partenaires une base objective pour préparer les efforts de reconstruction et la Banque mondiale est engagée à soutenir cet effort à chaque étape», a déclaré la vice-présidente de l’institution pour l’Amérique latine et les Caraïbes, Susana Cordeiro Guerra, citée dans le communiqué. Dans le détail, les dégâts se concentrent en premier lieu dans la province de La Guaira et la région de Caracas, à plus de 4 milliards de dollars dans les deux cas. Mais les provinces de Miranda et Carabebo ont été également touchées, avec à chaque fois plus de 3,5 milliards de dollars de dégâts évalués par la Banque.

Une reconstruction coûteuse

Outre les dégâts en eux-mêmes, l’impact socio-économique des séismes dépendra en premier lieu du rythme de la reconstruction et du soutien apporté par les partenaires du pays. «Au rythme actuel des investissements privés et publics», la reconstruction «ne sera toujours pas terminée dans 10 ans, avec des effets négatifs à long terme sur l’activité économique», a précisé le communiqué. La reconstruction représente un défi majeur pour l’économie vénézuélienne, puisque cela pourrait représenter environ 18% du PIB actuel du pays, selon la Banque. Le Venezuela est certes un pays riche en pétrole mais qui, entre choix politiques et conséquences du blocus américain ces dernières années, a vu son économie s’effondrer et sa population se paupériser rapidement.

Les relations entre Washington et Caracas se sont dégelées depuis le début de l’année, après l’arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro lors d’une opération militaire américaine. Mais la reprise du secteur pétrolier, nécessaire à la relance de l’économie locale, va prendre du temps, du fait des énormes sommes nécessaires pour remettre les installations en état après des années de sous-investissement. La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a promis de fournir 4000 logements aux sinistrés cette année et 10.000 d’ici 2027.

Pour ce faire, le Parlement a adopté des réformes législatives visant à accélérer la construction de lotissements mais aussi l’achat de logements sur le marché secondaire. Le Fonds monétaire international (FMI) a de son côté débloqué une première enveloppe de 346 millions de dollars pour aider au financement de l’aide humanitaire et du déblaiement des débris ainsi qu’aux premiers efforts de reconstruction. La BM dit elle travailler avec le gouvernement, ainsi que la Banque interaméricaine de développement (BID) et la Banque de développement d’Amérique latine (CAF) afin de «déterminer le soutien technique et financier nécessaire pour la reprise et la reconstruction».



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