Anastasia Berezovskaya, ressortissante ukrainienne de 39 ans, recherchée par Interpol et soupçonnée d’avoir placé une bombe devant l’appartement monégasque de l’oligarque Vadim Ermolaev, pourrait avoir été tuée par balle, révèle ce mardi la presse ukrainienne.
Le mystère s’épaissit après l’attaque à la bombe ayant visant l’oligarque Vadim Ermolaev et sa famille à Monaco la semaine dernière. Le corps de la principale suspecte, Anastasia Berezovskaya, une Ukrainienne de 39 ans résidant jusqu’ici en Allemagne, a été retrouvé enterré en Ukraine près de Kiev lundi 6 juillet vers 23 heures, révèle ce mardi la presse ukrainienne. Selon Ukraïnska Pravda évoque notamment la possibilité qu’elle ait été tuée par balle.
Une autre source du média ukrainien au sein des forces de l’ordre a indiqué que deux suspects ont déjà été arrêtés dans cette nouvelle affaire de meurtre. Le premier est un officier en activité de la direction principale du renseignement (HUR), service secret dépendant du ministère de la Défense, le second un ancien agent des forces de l’ordre. En août 2022, c’est ce même journal, Ukraïnska Pravda, qui avait été à l’origine d’une enquête retentissante sur les riches Ukrainiens établis dans la principauté monégasque et échappant à la guerre, baptisés «Bataillon Monaco».
Piste ukrainienne
Lundi 29 juin, Anastasia Berezovskaya est soupçonnée d’avoir placé une bombe devant l’appartement de Vadim Ermolaev, rue du Révérend Père Louis Frolla, puis de l’avoir fait détonner lorsque le multimillionnaire originaire de Dnipro et sa famille sont rentrés chez eux. Le magnat de l’immobilier de 58 ans, sa compagne et leur fils de 13 ans ont été grièvement blessés. Dès le lendemain, Le Figaro révélait que les enquêteurs monégasques et français privilégiaient la piste ukrainienne, notamment celle d’une implication des services de renseignement. Vadim Ermolaev, qui a abandonné sa nationalité ukrainienne au profit d’un passeport chypriote dès 2019, s’est ensuite établi à Monaco et a été visé par des sanctions de son ancien pays en 2022. L’homme d’affaires est notamment dans le viseur de Kiev pour avoir continué à vendre du vin de Crimée après l’annexion de la péninsule par la Russie en 2014. Sa famille est également soupçonnée d’avoir participé à un vaste trafic sur fond de centres d’appel frauduleux installés à Dnipro.
Jeudi 2 juillet, Le Figaro révélait que le principal suspect dont les enquêteurs pensaient au départ qu’il s’agissait d’un homme était en réalité une femme, de nationalité ukrainienne. Dans la foulée, Interpol publiait une note de recherche visant Anastasia Berezovskaya, née en 1987, qui aurait quitté Monaco, puis la France, avant de rejoindre l’Italie et l’Allemagne, sans doute en passant par l’Autriche ou la Suisse, en utilisant un véhicule de location. Que s’est-il passé ensuite ? Les questions sont encore nombreuses, mais son périple meurtrier s’est en tout cas achevé dans la région de Kiev, bien loin de la principauté monégasque.
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