ENQUÊTE – Les adultes consultent de plus en plus pour faire diagnostiquer un mal-être psychique. Tardive, cette libération de la parole est salutaire, mais pas exempte de dérives.
D’aussi loin qu’elle se souvienne, Linda, Parisienne de 40 ans, s’est toujours sentie en décalage. Tout au long de sa scolarité, puis dans son travail d’attachée de presse, sa désorganisation chronique et sa tendance à sauter du coq à l’âne lui ont valu des remarques désobligeantes. «En tant que femme, on a déjà tendance à souffrir du syndrome de l’imposteur. Mais à force d’entendre constamment des moqueries sur mon bureau en désordre ou des critiques sur mes oublis en réunion, j’ai fini par me convaincre que j’étais foncièrement nulle et incompétente», raconte Linda. Pour colmater les brèches de son emploi du temps, elle multiplie les to do lists et les rappels sur son téléphone. Mais malgré ces habiles stratégies, la spirale d’autodénigrement a fini par peser si lourd dans son estime d’elle-même que Linda a profité de la pause forcée due au Covid pour quitter son emploi et se former au massage.
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