Le 19M s’installe à Shanghai avec un dialogue artistique franco-chinois


Installé sur les rives du fleuve Huangpu à Shanghai, face à l’emblématique Oriental Pearl Tower dominant le paysage urbain, le Museum of Art Pudong (MAP) s’est mis sur son 31 pour accueillir le 19M, lieu de patrimoine et de création fondé en 2021 par le groupe Chanel.

Réunissant onze maisons des métiers d’art de la mode et de la décoration, avec leurs 700 artisans et spécialistes, au sein d’un vaste bâtiment de 25 000 m2 conçu par l’architecte Rudy Ricciotti dans le XIXe arrondissement parisien, porte d’Aubervilliers, le 19M s’est doté dans la foulée d’une galerie destinée à mettre en lumière les scènes artistiques émergentes à travers des projets pluridisciplinaires internationaux.

Après une première expérience à Dakar avec l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan) et le musée Théodore Monod d’art africain, suivie de projets au Mucem de Marseille et à Tokyo à la Mori Tower, c’est à Shanghai que la galerie hors-les-murs a élu demeure.

Des collaborations entre artisans et artistes chinois et français

Vue de l’exposition « A Sense of Touch » au MAP, avec au premier plan « Light Steps » de Shen Yuan et à l’arrière-plan, de gauche à droite, des œuvres de Yin Xiuzhen, Ding Yi et Wu Guanzhen.

Vue de l’exposition « A Sense of Touch » au MAP, avec au premier plan « Light Steps » de Shen Yuan et à l’arrière-plan, de gauche à droite, des œuvres de Yin Xiuzhen, Ding Yi et Wu Guanzhen.

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© Paloma x A Sense of Touch x Chanel

La nouvelle proposition occupe tout le troisième étage du MAP avec deux parcours complémentaires : un hommage à Lesage – formidable exposition de mode sur l’histoire de la maison reine de la broderie et du tweed – et un accrochage collectif où les frontières, déjà poreuses, entre artisanat d’art et arts plastiques s’effacent au profit de vastes installations, certaines éblouissantes, toutes nées de collaborations entre artisans et artistes chinois et français.

La figure de proue pourrait en être la créature magistrale de Yin Xiuzhen, artiste phare de la scène contemporaine, conçue avec Lesage, tronçons d’un patchwork d’organza et de tulle qui tel un dragon des mers traverse le grand espace central. Où l’on découvre les toiles abstraites à l’harmonie austère de Ding Yi, star du marché, s’animant d’un souffle nouveau au contact du grand tableau-broderie réalisé avec des fragments de ses peintures par l’Atelier Montex, puis, non loin, l’œuvre envoûtante de Shen Yuan.

Avec les ateliers Lesage et Massaro, l’artiste de renommée internationale a créé un lac de plaques de verre d’où émergent des feuilles de lotus de soie et dans lesquelles ont été incrustées des semelles en feutre de laine brodées d’insectes, oiseaux, lézards et serpents. Intitulée Light Steps, l’œuvre fait allusion à la vision taoïste d’un monde que l’on traverse avec légèreté…

Des propositions poétiques inspirées par les métiers d’art

« À Shanghai, nous entrons dans une nouvelle dimension, qui montre l’aspect intangible des métiers d’art, formidable source d’inspiration pour la création. »

Bruno Pavlovsky

Une même poétique habite l’installation de Deborah Fischer, l’une des artistes françaises envoyées en résidence par le 19M auprès d’artisans chinois. Passionnée par les thématiques de la ruine et la persistance, elle a conçu un environnement où des tessons de céramique, pris dans d’étranges sculptures de verre et surmontés de broderies réalisées par l’atelier Tianli Xiang (d’après ses photographies de murs délabrés), évoquent les vestiges d’une mystérieuse civilisation.

Autre artiste qui a merveilleusement mis à profit sa résidence à Suzhou et Hangzhou, la sculptrice Mathilde Albouy inaugure ce beau parcours avec une double cage à oiseaux à l’échelle du corps humain exécutée en bois et laque avec les artisans Guo Hang et Tang Wei.

« Chaque projet est unique, nous ne cherchons pas à faire un grand tour mais à entamer un dialogue fécond avec des talents et les cultures du monde. À Dakar, le projet était très émotionnel, engagé auprès de créateurs et créatrices en devenir. Au Japon, d’une grande rigueur, il était resté dans la sphère des métiers d’art. À Shanghai, nous entrons dans une nouvelle dimension, qui montre l’aspect intangible des métiers d’art, formidable source d’inspiration pour la création », se réjouit Bruno Pavlovsky, président du 19M. Le public francilien pourra en prendre la mesure dès le mois de mars où l’exposition sera remontée dans son intégralité dans les espaces parisiens.

Du 25 septembre 2026 au 15 novembre 2026
L’exposition sera reprise à la galerie du 19M, à Paris, au printemps 2027.

www.le19m.com





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