
La légèreté est souvent vue d’un mauvais œil en art. Jacques Henri Lartigue fait partie des contre-exemples. Que d’insouciance dans son œuvre qu’il n’a jamais envisagée comme telle ! Un art qui s’ignore, voilà sans doute la valeur première et atypique de sa production phénoménale, au bas mot 120 000 clichés, qu’il pratiquait en amateur, à la croisée du journal et de l’autobiographie familiale.
Lui qui se destinait à être artiste peintre n’a jamais réussi à percer grâce à ses toiles. C’est à la faveur d’une grande exposition au MoMA de New York, en 1963, qu’il s’est fait enfin un nom, dans la photographie.
Des photos en 3D
On savait tout cela. Ce que l’on connaissait moins, c’est sa création singulière de photos stéréoscopiques, que La Vie en relief met en avant à travers une sélection que le spectateur pourra découvrir en salle, lunettes 3D sur le nez. Un port pas toujours agréable mais qui se justifie ici pleinement.
Instantanés d’une vie romanesque
Vitesse, explosivité, envol défiant les lois de la physique caractérisent ces instantanés, souvent stupéfiants, associés à l’automobile, l’aéronautique, l’activité sportive (ski, saut, tennis, patinage). Outre leur découverte, le documentaire permet d’en savoir plus sur la vie romanesque à souhait de cet enfant choyé, tout comme son frère Zissou (inventeur brillant mais obscur), par un père banquier, qui a tout fait pour que ses deux fils jouissent pleinement d’une existence facile, fastueuse et mondaine.
La joie et le jeu, la séduction, les folles inventions, les accidents cocasses gouvernent cette vie de rêve vécue, sublimée à travers ce geste de témoignage photographique unique. Où toute souffrance et tristesse sont interdites, mais où transparaît la prescience secrète de l’éphémère. C’est ce qui rend la faculté d’émerveillement de Lartigue si précieuse.
De Denis Gaubert
2026 • 100 min. • en salles le 16 septembre
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