La Princesse de Montpensier à 13h55 sur France 2 : pourquoi le film n’aurait jamais pu exister sans Frédéric Mitterrand ? – Actus Ciné


À l’occasion de la diffusion sur France 2 cet après-midi de “La Princesse de Montpensier”, retour sur la genèse compliquée du film de Bertrand Tavernier, qui a pu voir le jour grâce à l’intervention d’un ministre.

Un an après son incursion aux États-Unis avec Dans la brume électriqueBertrand Tavernier revenait en France avec La Princesse de Montpensier. Adapté de la nouvelle de Madame de La Fayette, ce film en costumes se situe en 1562, sous le règne de Charles IX alors que les guerres de religion font rage. Depuis son plus jeune âge, Marie de Mézières aime Henri, Duc de Guise. Elle est contrainte par son père d’épouser le Prince de Montpensier. Son mari, appelé par Charles IX à rejoindre les princes dans leur guerre contre les protestants, la laisse en compagnie de son précepteur, le Comte de Chabannes, loin du monde, au château de Champigny. Elle tente en vain d’y oublier sa passion pour Guise, mais devient malgré elle l’enjeu de passions rivales et violentes auxquelles vient aussi se mêler le Duc d’Anjou, futur Henri III.

Un contexte économique compliqué

La Princesse de Montpensier marque la cinquième et dernière collaboration scénaristique entre Tavernier et Jean Cosmos. Ensemble, ils avaient auparavant écrit La Vie et rien d’autre, La Fille de d’ArtagnanCapitaine Conan et Laissez-passer. Alors que Tavernier est souvent à l’origine de ses films, La Princesse de Montpensier est né sous l’impulsion du producteur Éric Heumann. Cette fresque ambitieuse au budget de 13 millions d’euros a failli ne jamais voir le jour, faute de financement.

StudioCanal

En 2010, lors du Festival de Cannes où le film est présenté en compétition officielle, le réalisateur revient dans le JDD sur les difficultés rencontrées : « On en a bavé, c’est vrai. On nous a dit : “Allez tourner en Tchécoslovaquie.” Mais, moi, je ne voulais pas. Je voulais faire un film qui soit un hymne à la France dans ce qui est sa culture, ses édifices. Cela fait partie de ma vie, de notre vie. Je ne voulais pas tricher. La préparation a été arrêtée trois ou quatre fois. On s’est fait “recevoir” comme on dit. En même temps, ça remet votre ego et votre vanité à leur place ». Même son de cloche du côté de Heumann qui explique, cette fois dans le Parisien, que la préparation a dû s’interrompre à de nombreuses reprises, décalant sans cesse le tournage. Il affirme également qu’il est compliqué de monter un film historique quand ce sont les comédies populaires qui dominent le box-office hexagonal.

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L’intervention d’un ministre

C’est finalement grâce à l’intervention de Frédéric Mitterand, alors ministre de la Culture du gouvernement de François Fillon, que La Princesse de Montpensier voit le jour. Dans un entretien accordé au Film Français en 2010, il reconnaît avoir sauvé le financement du film en août 2009 car il était « impossible de ne pas sauver Bertrand Tavernier d’un accident industriel », au nom de ce qu’il représente dans le cinéma français, quoique l’on pense de ses longs-métrages. L’ancien ministre reviendra sur cette affaire dans son ouvrage La Récréation, où il écrit à la date du 17 août : « Victoire, la princesse de Montpensier est sauvée. Le tournage peut commencer… ».



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