la primaire sera «un débat sérieux, passionné», mais il n’y aura «pas de sang sur les murs», assure Faure


Réunies lors de la première «université d’été de la monoparentalité», des mères isolées ont élaboré vendredi une série de propositions en vue de la présidentielle, pour mieux protéger des familles particulièrement exposées à la précarité. L’objectif de cet événement à l’initiative de l’association Moi et mes enfants, est de «faire reconnaître la monoparentalité comme un enjeu majeur de société», alors qu’un enfant mineur sur quatre vit aujourd’hui dans une famille monoparentale, selon l’Insee.

L’association veut sensibiliser les pouvoirs publics et présenter un «plan d’action» aux candidats à l’élection présidentielle, a indiqué Olivia Barreau, fondatrice de Moi et mes enfants, qui veut faire de cette université un événement annuel. Mères seules, associations et experts ont notamment échangé lors d’ateliers et de tables rondes consacrés à la situation économique et fiscale des mères seules, à leur santé mentale, à l’importance du répit, ainsi qu’à l’accès aux droits et à l’autonomie.

Les mères seules présentent un risque de pauvreté 4,6 fois plus élevé que les mères vivant en couple, selon une étude publiée en 2025 dans La Revue française des affaires sociales. Leur taux de chômage atteint 17%. «56% des familles monoparentales disent ne pas pouvoir faire face à une dépense imprévue de 1.000 euros», a souligné la ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé.

Pour renforcer leur sécurité économique, les participants ont proposé de rendre automatique le versement des pensions alimentaires, de les revaloriser tous les deux ans et de calculer leur montant en tenant compte des besoins de l’enfant. Ils ont également souhaité que les pensions alimentaires ne soient plus imposables pour le parent qui les perçoit. Aujourd’hui, elles sont déductibles du revenu imposable pour le parent qui les verse mais imposables pour celui qui les reçoit.

Les participants ont par ailleurs plaidé pour la création d’un «statut de famille monoparentale», susceptible d’ouvrir des droits spécifiques, comme davantage de jours d’absence pour enfant malade. Ils ont défendu l’idée de sanctions pour les parents qui ne respectent pas leurs engagements en matière d’hébergement des enfants pendant les week-ends ou les vacances, soulignant que le parent gardien est, lui, tenu légalement de présenter l’enfant. Enfin, face à la charge mentale pesant sur les parents isolés, notamment les mères, les participants ont plaidé pour le développement de solutions de garde souples, accessibles financièrement et sans conditions de ressources, ainsi que sur l’importance des dispositifs d’entraide.



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