La fondation Querini Stampalia, un miracle de faste et de beauté au cœur de Venise


Quartier du Castello, Venise. Nous sommes ici dans le cœur historique de la cité lacustre. La fondation Querini Stampalia, plutôt discrète de l’extérieur, ne révèle ses secrets qu’aux visiteurs les mieux informés. Pour y entrer, il faut passer un petit pont puis une petite porte… Et vous voilà dans le saint des saints. Ce palais à la façade rose a vu sa construction débuter au XVIe siècle, puis se poursuivre jusqu’au XXe au fur et à mesure des agrandissements et aménagements successifs.

Le plus récent, et mine de rien le plus éblouissant ? Le rez-de-chaussée et le jardin repensés par l’architecte vénitien Carlo Scarpa (1906–1978). Soucieux du détail, presque maniériste dans son approche des volumes modernistes, l’homme a truffé l’endroit d’enchantements ténus, tels une minuscule fontaine à l’écoulement musical, des marches asymétriques qui font de la descente une danse, des pans de murs joueurs…

À gauche : entrée de la fondation depuis les canaux de Venise. À droite : musée de la fondation, vue des appartements de la famille Querini.

À gauche : entrée de la fondation depuis les canaux de Venise. À droite : musée de la fondation, vue des appartements de la famille Querini.

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© Giorgio Bombier © Loris Casonato Photography

Les visiteurs s’amusent avec les volumes, parcourant cette partie du musée comme un joyeux labyrinthe de formes et d’idées. Un délice !

P.S. : les plus curieux pourront aller voir le magasin Olivetti, place Saint-Marc, et l’école d’architecture de la ville, tous deux également de Scarpa.

Ce qu’il faut savoir

Avant, bien avant l’intervention de Carlo Scarpa, ce palais appartenait à la riche et très ancienne famille des Querini, propriétaire depuis le XVe siècle d’une île dans les Cyclades nommée Stampalia. Dans son arbre généalogique (aujourd’hui éteint), des navigateurs, des procurateurs, un cardinal, un sénateur, des mécènes… En 1869, le dernier descendant de la famille, Giovanni Querini Stampalia, décide de léguer à l’État tous leurs biens, incluant ce palais entièrement meublé, ses livres et sa collection d’œuvres d’art. L’homme n’a qu’une exigence : que ce lieu et surtout sa bibliothèque restent ouverts aux chercheurs. C’est toujours le cas aujourd’hui, ses 400 000 ouvrages étant consultables par tous, gratuitement.

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Bibliothèque de la fondation Querini Stampalia

Bibliothèque de la fondation Querini Stampalia

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© Fondazione Querini Stampalia

La collection de peintures et de sculptures est l’une des plus belles de Venise. Outre les soixante-sept tableaux du Vénitien Gabriele Bella (vers 1730–1799), acquis par la famille Querini pour son palais de Trévise, les couloirs voient s’enchaîner les chefs-d’œuvre de Giovanni Bellini (1430–1516), d’Annibale Carracci (1560–1609), de Luca Giordano (1634–1705), de Pietro Longhi (1701–1785), d’Antonio Canova (1757–1822)…

Que voir cet été ?

Jamais poussiéreuse, la fondation Querini Stampalia vibre au rythme de la création d’aujourd’hui. En 2022, en parallèle de la biennale de Venise, elle accueillait un trio des plus séduisants en faisant dialoguer les photographies de Danh Vō, les lampes en papier d’Isamu Noguchi et les peintures de Park Seo-Bo. Cet été, répondant à la biennale d’Architecture, l’exposition « DoorScape » réunit dix projets de seuils et d’espaces d’entrée signés Setion Branko, Emanuele Cipolla ou Isabelle Gomez.

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DoorScape⎢The Space beyond the Threshold

Du 18 mai 2023 au 26 novembre 2023

www.querinistampalia.org

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Fondazione Querini Stampalia

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