Alors que le texte sur la fin de vie a définitivement été adopté par l’Assemblée Nationale, le directeur des établissements de Notre-Dame de Bon secours rappelle l’importance pour les patients de se sentir libre de manifester leur souffrance.
François-Xavier Lejeune, invité de l’émission Bienvenue en Île-de-France sur Le Figaro TV, dirige un réseau d’établissements de soins gérés par l’association Notre-Dame de Bon Secours, dont la vocation est explicitement chrétienne. Dans les deux Ehpad du réseau, les soignants revendiquent une mission de solidarité et d’accompagnement des plus fragiles.
Réagissant à l’adoption définitive de la loi sur la fin de vie, François-Xavier Lejeune dit redouter la manière dont ce texte pourrait interagir avec la parole des patients. Il rappelle que des personnes admises dans leurs établissements «expriment parfois des idées ou des envies suicidaires» et reconnaît que plusieurs tentatives de suicide ont déjà eu lieu, «parce que c’est une réalité qu’il ne faut absolument pas nier».
Parvenir à reconstruire une forme de bonheur
«Quand bien même ces personnes iraient au bout de l’acte, il faut qu’elles comprennent que nous sommes là pour les aider à retrouver le goût de vivre», insiste-t-il. Il évoque notamment le cas d’une patiente qui, quelques mois après avoir tenté de mettre fin à ses jours, est parvenue à reconstruire une forme de bonheur au sein de l’établissement.
La grande crainte, au sein de Notre-Dame de Bon Secours, est qu’avec cette loi, un malade n’ose bientôt plus dire «j’en ai assez de vivre» sans redouter d’enclencher malgré lui «une procédure d’euthanasie». Pour François-Xavier Lejeune, le risque est que la détresse ne puisse plus se dire librement, au moment même où elle aurait le plus besoin d’être entendue.
Poster un Commentaire