Les tensions sont vives entre Pékin et Tokyo depuis que la première ministre japonaise Sanae Takaichi a suggéré que son pays pourrait intervenir militairement si la Chine attaquait Taïwan.
Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a pressé Tokyo de rectifier sa position sur son attitude en cas d’attaque chinoise contre Taïwan, lors d’une rencontre avec un ancien chef de la diplomatie japonaise. Le gouvernement japonais a dit mardi s’abstenir de commentaire en minimisant la signification de la rencontre comme «relevant des activités d’une organisation économique privée».
Les tensions sont vives entre Pékin et Tokyo depuis que la première ministre japonaise aux positions ultra-nationalistes Sanae Takaichi a suggéré en novembre 2025, peu après sa prise de fonctions, que son pays pourrait intervenir militairement si la Chine attaquait Taïwan.
Une délégation représentant une organisation commerciale japonaise et forte d’une cinquantaine de membres a entrepris dimanche une visite en Chine avec à sa tête l’ancien chef de la diplomatie Takeshi Iwaya. Il a dit à son départ vouloir «trouver les moyens d’une amélioration (des rapports) par le dialogue». Takeshi Iwaya a été reçu lundi par le ministre chinois des Affaires étrangères, a rapporté la diplomatie chinoise.
«Corriger les paroles et les actes erronés»
«La tâche urgente (du Japon) consiste à corriger dès que possible les paroles et les actes erronés de ses dirigeants sur la question de Taïwan», a déclaré Wang Yi, selon un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères.
Les propos de Sanae Takaichi ont ravivé les tensions entre les deux pays aux relations historiquement délicates ou conflictuelles, marquées par le souvenir des atrocités commises par l’armée japonaise notamment pendant la guerre sino-japonaise de 1937-1945. La Chine réclame depuis lors une rétractation japonaise. Elle accuse régulièrement le Japon de remilitarisation.
«Si le Japon refuse de tirer les leçons de l’histoire, remet en cause la Constitution pacifiste d’après-guerre, nie son passé d’agresseur ou glorifie les criminels de guerre, il ne pourra pas faire face au monde et il sera impossible de bâtir un véritable avenir», a déclaré Wang Yi. Lequel a également salué le rôle en faveur de l’amitié sino-japonaise jouée par l’Association japonaise pour la promotion du commerce international, dirigée depuis 2026 par Takeshi Iwaya.
«Maintenir le dialogue»
Takeshi Iwaya a été ministre des Affaires étrangères sous l’ancien premier ministre Shigeru Ishiba, prédécesseur de Mme Takaichi et un de ses rivaux au sein de leur parti. En tant que chef de la diplomatie, il avait rencontré Wang Yi en décembre 2024 à Pékin et avait accepté d’assouplir les règles d’obtention de visa pour les touristes chinois après une mesure similaire de la part de la Chine en faveur des visiteurs japonais.
Le porte-parole du gouvernement japonais Minoru Kihara a décrit la rencontre comme relevant des activités de l’association. Il a cependant affirmé la volonté de maintenir ouverts les canaux de communication. «C’est précisément parce qu’il subsiste entre le Japon et la Chine des questions en suspens et des divergences que nous estimons important de maintenir le dialogue entre nos deux pays à différents niveaux et dans des domaines variés», a-t-il dit.
La Chine a pris depuis novembre 2025 une série de mesures de rétorsion économiques, politiques et symboliques contre le Japon. Pékin revendique Taïwan, île qui dispose de son propre gouvernement, comme faisant partie intégrante de son territoire et n’exclut pas de recourir à la force pour en prendre le contrôle.
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