Josiane Balasko, Julie Gayet, Annie Ernaux, Lilian Thuram… Arguant des «limites du pluralisme», 300 personnalités s’opposent à la chronique de Charles Sapin sur France Inter


La tribune, dont les signatures sont marquées à gauche, dénonce la chronique politique hebdomadaire du nouveau directeur-adjoint du magazine Valeurs Actuelles sur les ondes de la radio publique.

Les détracteurs de Charles Sapin ne désarment pas. Dans une tribune écrite en écriture inclusive et publiée sur le site du Parisien  ce samedi après-midi, quelque 300 personnalités du monde médiatique et culturel contestent l’arrivée du nouveau directeur-adjoint de la rédaction de Valeurs Actuelles sur l’antenne de France Inter, arguant des «limites admissibles du pluralisme dans le débat public».

Ce «pluralisme doit se déployer dans le cadre de l’arc républicain et ne saurait se confondre avec la complaisance envers des idées qui représentent un danger pour la démocratie et le respect des droits fondamentaux», brandissent les signataires de la tribune, marqués en immense majorité à gauche. On y trouve les acteurs Josiane Balasko, Denis Podalydès, Anna Mouglalis, Corinne Masiero, les historiens Benjamin Stora et Johann Chapoutot, les écrivains Annie Ernaux, Leïla Slimani ou Virginie Despentes, le photographe Yann Arthus-Bertrand, le dessinateur Jul., le sociologue François Héran, l’ancien footballeur Lilian Thuram etc.


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La chronique sur France Inter du journaliste politique, auparavant passé par les rédactions de L’Opinion, du Figaro et du Point, devrait donc être supprimée car France Inter ne devrait pas «participer à la banalisation» des idées portées par Valeurs Actuelles, poursuivent-ils.

«Étrange défaite»

Les valeurs de l’hebdomadaire seraient «en totale contradiction avec les missions de la radio publique définies par le Parlement : défendre la cohésion sociale, la lutte contre les discriminations, la représentation de la diversité des origines et des cultures», s’indigne le texte, qui taxe volontiers Valeurs Actuelles de «vitrine et symbole de la libération de la parole raciste».

Les auteurs de la tribune considèrent également que la chronique proposée à Charles Sapin est «une étrange défaite» après le rapport Alloncle qui s’était penché sur les financements de l’audiovisuel public. «Valeurs actuelles s’est particulièrement illustré dans la violente campagne de dénigrement et d’attaques outrancières orchestrées l’année écoulée contre l’audiovisuel public par l’extrême droite», mettent-ils en avant. «Pour toutes ces raisons, nous artistes, chercheur-es, universitaires, magistrat-es, avocat-es, écrivains, sportifs-ves soutenons les salarié-es de Radio France qui demandent la suppression de cet éditorial de Valeurs actuelles sur France Inter», ponctue la tribune.

France Inter est en ébullition depuis l’annonce de l’arrivée de Charles Sapin pour une chronique politique chaque dimanche à quelques mois de l’élection présidentielle. Interrogée par l’AFP, la direction de France Télévisions avait souligné que «Charles Sapin vient le dimanche face à Rokhaya Diallo», une militante antiraciste, pour «un débat, une confrontation de points de vue différents». En outre, «il intervient occasionnellement dans “Avant le 20h” comme d’autres intervenants extérieurs» variés.

L’intersyndicale du groupe public Radio France, dont France Inter fait partie, a déposé un préavis de grève pour les dimanche 13 et lundi 14 septembre, demandant le retrait de sa chronique. Auprès de l’AFP, la patronne de Radio France, Sibyle Veil, a défendu le choix de donner la parole à «des gens qui ne pensent pas la même chose».



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