«Il faudra éviter de se cacher et ne pas s’écrouler», des ambitions à la hausse pour Brau-Boirie et la Section Paloise


Révélation de la saison dernière, le jeune centre international évoque la saison à venir où Pau va devoir confirmer. Et son nouveau statut avec le XV de France.

Dans quel état d’esprit abordez-vous cette nouvelle saison avec la Section Paloise  ?
Fabien Brau-Boirie  : Avec beaucoup d’enthousiasme. On a vu que la saison dernière a été très aboutie. Malheureusement, on s’arrête à un moment un peu compliqué dans la saison (défaite en barrage à domicile contre le Racing 92 , NDLR), mais je trouve que le club évolue super bien depuis quelques années maintenant, ce qui nous avait permis d’être qualifiés pour la Champions Cup la saison dernière, et de faire partie du top 6. Il faut qu’on se rende compte aussi de la chance qu’on a d’être dans cette équipe et qu’il faut la mener encore plus haut. On s’est fixé l’objectif de faire mieux. Il me tarde forcément d’y être parce que là, ça fait quand même quatre ou cinq semaines que je n’ai pas joué. Certes, ça fait du bien de couper, mais tu as envie aussi de reprendre le rythme des matchs et d’avoir ces émotions sur le terrain. Donc oui, il me tarde !

Est-ce que la désillusion du barrage a été vite évacuée ? Et sur quoi êtes-vous revenus ? Qu’est-ce que vous vous êtes dit ?
Évacuer, c’est propre à chacun. Peut-être qu’il y en a qui ont pris plus de temps à l’évacuer, d’autres un peu moins. Moi, c’est vrai que j’ai mis un peu de temps, c’est très dur parce qu’on s’était fait plein de films et c’est vrai qu’un arrêt net comme ça, en plus chez toi, c’est très compliqué. Mais j’ai dû aussi passer à autre chose la semaine d’après, parce que j’ai joué le match amical contre l’Angleterre avec l’équipe de France, donc il ne fallait pas trop que je traîne.


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Mais durant tout l’été, c’est vrai que, quand tu parles avec les autres joueurs, tu repenses à chaque fois (à cette élimination). C’est un peu compliqué, mais au bout d’un moment, il va falloir que ça passe. Et quand cette saison va vraiment commencer, je pense que ça sera oublié parce qu’il va falloir basculer sur les autres objectifs qui arrivent, sur le futur. Tu ne peux pas vivre dans le passé. On a beaucoup appris, on a beaucoup travaillé dessus, surtout avec une préparatrice mentale. On a fait des travaux de groupe pour voir ce qui allait et ce qui n’allait pas. On sait ce qu’il nous reste à faire maintenant pendant les matchs importants. J’espère que tout le monde en a conscience…

Ça va être important de varier notre jeu, parce que si les équipes t’attendent et que tu fais tout le temps la même chose, au bout d’un moment, ça va coincer

Fabien Brau-Boirie

Qu’est-ce qui vous a manqué l’année dernière face au Racing 92 ?
Pas grand-chose… Mais on fait quand même pas mal d’erreurs qui nous ont coûté cher. On aurait dû mettre un peu plus de folie dans le jeu, être un peu moins cadré. Le Racing, c’est une équipe en place avec une grosse défense, des grosses individualités. Donc, si on était arrivé à les faire un peu plus bouger… Ils ont des mecs assez costauds, donc il aurait fallu peut-être mettre un rythme un peu plus conséquent dans le match pour prendre l’ascendant. C’est ce qu’on n’a pas réussi à faire. Ce sont des petits trucs comme ça qui font qu’à la fin, tu perds le match.

Est-ce que vous avez l’impression que vous avez un nouveau statut à assumer ? 
Oui, bien sûr. Il faudra éviter de se cacher parce qu’on a fait une bonne saison et ne pas s’écrouler. C’est super important de confirmer parce que, si les équipes d’en face veulent nous voir comme une équipe compétitive et importante dans le Top 14, il faut qu’on ait de la constance sur plusieurs années. Et cela va passer par se qualifier toutes les années dans le top 6. Ça va être important de confirmer. Pour nous aussi, on va prendre confiance, on va se dire : «On arrive quand même à faire deux saisons d’affilée, à se qualifier, on fait de bonnes saisons.» Cela va nous permettre d’engranger cette confiance et, pourquoi pas, de gagner des matchs importants.

La Section Paloise a su mettre en place une identité de jeu qui lui est propre. Vous avez notamment été précurseurs sur le jeu au pied. L’idée est-elle de continuer dans cette voie ou de faire évoluer les choses ? 
On a des points clés dans le jeu qui font qu’on domine. Mais je pense que ça va être important aussi de varier. On va garder nos points forts, s’il n’y a pas de souci, mais c’est important aussi de varier suivant les équipes que tu affrontes. Parce qu’elles vont sûrement mieux nous préparer. Et ça va être important de varier, parce que si les équipes t’attendent et que tu fais tout le temps la même chose, au bout d’un moment, ça va coincer. Donc, c’est vrai qu’on va avoir un plan de jeu peut-être différent pour certains adversaires. Je ne sais pas comment ça va se passer, mais en tout cas, on va essayer de garder nos points forts et d’avoir notre identité de jeu, de vouloir jouer. C’est vrai que l’année dernière, on a eu beaucoup de focus sur les ballons hauts, ç’a été un point fort. Mais c’est quelque chose que les autres équipes vont peut-être aussi travailler.

La saison dernière, vous avez également fait des débuts remarqués en équipe de France, en honorant vos cinq premières sélections. Quel bilan tirez-vous de tout cela ? 
Ça va être très dur parce que je sais qu’il y a du monde au poste de centre. Mais, de ce que j’ai pu vivre cette année, c’était incroyable. Je ne m’attendais pas forcément à être en équipe de France aussi vite. J’ai joué avec un maximum de plaisir. Quand j’étais sur le terrain, j’étais à fond. Quand tu fais tes premiers pas avec le XV de France, ce n’est que du bonheur. Quand tu es petit, quand tu joues au rugby, tu n’as qu’une envie, c’est de jouer au plus haut niveau. Quand tu y es, il faut se donner à 100%. Et je vais essayer de travailler dans mon club pour être encore plus performant, pour pouvoir poursuivre avec le XV de France. Même si je sais que ça va être très compliqué. Il peut y avoir plein de facteurs en jeu : des blessures, des concurrents qui sont en pleine forme… Plein de facteurs qui font que ça peut aller comme ça ne peut pas aller. Mais en tout cas, je suis très content déjà d’avoir pu avoir ces sélections, j’espère qu’il y en aura d’autres.

Contre les All Blacks, ça fait quand même bizarre. C’est impressionnant, mais tu ne peux pas le montrer, c’était mon premier match contre eux, contre l’une des meilleures équipes du monde

Fabien Brau-Boirie


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De l’extérieur, on avait l’impression que vous n’étiez pas impressionné. Jamais, vous ne vous posiez de questions ?
Si, quand même… (sourire) Contre les All Blacks, ça fait quand même bizarre. C’est impressionnant, mais tu ne peux pas le montrer. C’était mon premier match contre eux, contre l’une des meilleures équipes du monde. Et puis ce n’était pas une tournée d’été, c’était une nouvelle compétition. Tu dois être concentré sur ton match, tu dois penser à bien jouer, tu n’as pas envie de décevoir. Tu essayes un peu de te relaxer, d’être tranquille pour ne pas te mettre de pression. Oui, j’étais impressionné. Mais j’ai essayé de rester calme, de rester froid, pour jouer mon jeu pendant le match.

À Pau, vous êtes plusieurs à être devenu internationaux (Auradou, Attissogbe, Gailleton…). Est-ce que vous parlez, entre vous, de la Coupe du monde à venir ? 
Ce n’est pas trop un sujet, qui revient dans la discussion. On en parle de temps en temps, on dit forcément qu’on a envie d’y être. On est de plus en plus à pouvoir participer aux rassemblements du XV de France, que ça soit dans les listes, dans les groupes de 42 ou aux matchs, ça nous tire vers le haut. Aux entraînements, cela nous pousse tous les jours à nous améliorer. Quand tu vis avec des mecs qui ont aussi cette intention de vouloir aller au sommet, tu as envie d’être avec eux, de les suivre et, toi aussi, de les pousser vers le haut pour qu’ils y arrivent. C’est important d’avoir cette émulation ensemble pour avoir des objectifs communs.



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