Hausse des prix – L’inflation accentue encore le recul de la consommation de viande et de lait – Économie et gestion, Tendance des marchés


La forte inflation de 2022 a accentué encore un peu plus la tendance baissière de la consommation de produits laitiers et de viande à domicile, selon les analyses de FranceAgrimer publiées fin juillet 2023. Ces résultats sont néanmoins nuancés en raison de l’effet de la hausse de la population et du rebond de la consommation hors domicile après-Covid.

Fortement touchés par la hausse du prix des produits laitiers et carnés, les Français ont encore ajusté leur consommation de lait et de viande à domicile à la baisse en 2022, d’après deux synthèses publiées par FranceAgrimer les 27 et 28 juillet. Les données fournies par un panel Kantar confirment une baisse tendancielle de la consommation de ces produits même si une hausse de la population, et une augmentation de la consommation en restauration hors domicile ont contribué à une hausse relative de la consommation de viande ainsi que des importations.

Une hausse de prix généralisée

Dans le contexte de l’invasion de l’Ukraine et de la hausse des tarifs de l’énergie, les prix des viandes ont connu une nette augmentation du second semestre jusqu’à la fin de l’année 2022, avec une progression des prix moyens des produits carnés de 6,1 % sur un an. En 2022, l’inflation a touché les produits alimentaires et les prix ont augmenté pour tous les produits laitiers. La hausse s’élève à 5 % pour les produits ultra-frais et atteint même 11,2 % pour le beurre.

Les dépenses des ménages en lait conditionné ont en conséquence connu une hausse de 3,6 %, compte tenu de cette hausse de prix. À 0,97 €/l en 2022, cela représente une augmentation du prix moyen du lait conditionné de 6 centimes par rapport à 2021.

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Les mesures d’ajustement des consommateurs

Face à cette tendance générale à la hausse, les consommateurs ont fait des choix. Dans le cas du lait conditionné, ils ont préféré la descente en gamme et un repli vers les marques distributeurs, ou encore la réduction du volume et de la fréquence de leur consommation. Quant à la viande en général, les achats des ménages pour leur consommation à domicile (panel Kantar Worldpanel) ont été en nette diminution en volume dans le prolongement de la baisse déjà constatée en 2021.

La réduction des achats de viande bovine s’est encore amplifiée en 2022 : les volumes d’achats par les ménages ont chuté de 14 % en 2022. Et la baisse est de – 6,8 % par rapport à 2019, année avant Covid. Les ménages se sont tournés vers des produits carnés moins onéreux comme le poulet et le porc. La consommation de viande bovine à domicile et hors domicile, hors produits élaborés, a diminué de 13 %, accentuant là-aussi la tendance baissière observée en 2021. Les viandes à bouillir ou à braiser accusent une baisse de 14 % et les viandes à griller de 11,1 %.

Une tendance à la baisse sur le long terme

La consommation nationale de viande a paradoxalement augmenté de 0,8 % et même provoqué une forte hausse des importations (11,7 %) dans cette période de hausse des prix, mais en raison de l’augmentation de la population et d’un rebond de la consommation hors domicile, post-covid. La consommation moyenne de viande bovine par habitant est aussi en légère augmentation par rapport aux niveaux exceptionnellement bas de 2020 et 2021, à 22,2 kg équivalent carcasse (kgec). Elle diminue toutefois régulièrement depuis dix ans (24,4 kgec par habitant en 2012).

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Il en est de même plus spécifiquement pour la consommation de viande bovine en légère hausse de 1 % en 2022 par rapport aux deux années précédentes. En revanche, celle-ci n’a pas retrouvé son niveau de 2019, et poursuit une tendance baissière, de 0,5 % par an entre 2012 et 2022.

La croissance de la population de 0,6 % entre 2021 et 2022 a également entraîné une hausse du nombre d’acheteurs de lait (+ 0,4 %). Cela n’a pourtant pas empêché une baisse des volumes de lait conditionné achetés, déjà observée avant les dernières crises, en raison de l’évolution des habitudes alimentaires des Français, dont le recul du rituel du petit-déjeuner.



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