Gamekyo : [TEST] Resonance : A Plague Tale Legacy


Pour aller plus loin :

Déjà en commentaire sur une simple news, je me demandais si Asobo n’avait pas fait une erreur commerciale avec cette production. Car jouer à Resonance vous donnera soudainement les meilleures raisons pour lesquelles Naughty Dog n’a toujours pas fait Uncharted 5 : c’est peut-être parce que le genre, dans sa forme la plus brute, n’a plus rien à apporter de neuf aujourd’hui. Et encore, s’il en prenait l’envie aux Dogs de s’y atteler, nous aurions une aventure à travers le monde et diverses tentatives comme le coup de la zone ouverte du 4. Resonance n’offre rien de cela. Passé une introduction, on se retrouve sur une île à la linéarité masquée, pas forcément dérangeante, mais à faire ce que nous avons déjà fait 100 fois ou plus par le passé.

Tous les fondamentaux sont réunis, mais sans jamais chercher à y inculquer la moindre originalité. Des énigmes il y en a par exemple, mais au moins la moitié à base de miroirs pour dévier la lumière et une partie des autres à faire en complément de notes sur un carnet (seuls les puzzles à base de faisceaux de couleurs changent un peu de nos habitudes). Même topo pour les combats avec esquives et parades pas toujours faciles à jauger, pour un bestiaire qui doit globalement se compter sur les doigts d’une main. Et enfin « l’exploration » à base de culs de sac et de micro-routes secondaires pour ramasser des trophées mais aussi quelques éléments de relatives montée en puissance, qui trouveront éventuellement de l’intérêt au moins en mode Difficile tant le gain est faiblard, comme s’il fallait impérativement trouver un truc à faire en dehors des collectibles standard pour agrémenter une durée de vie d’à peine plus de 10h, sans trop d’intérêt au second run hors Platine.

Après il faut reconnaître que c’est quand même super beau, avec une DA magistrale sur certains décors, mais un joli tableau ne fait pas un jeu capable de nous happer pendant autant d’heures. Même la narration se révèle décevante, avec là encore un trop gros ressentiment de copié/collé des travaux de Naughty Dog (scénario qui part peu à peu dans le fantastique, ennemis qui ont bizarrement toujours quelques minutes d’avance sur nous, prétexte pour faire une partie du jeu en binôme histoire qu’il y ait quelques dialogues…), avec une révélation finale proche du « Ouais bon… ». En ressort une expérience tout simplement oubliable, mais qui fera peut-être le bonheur des féministes modernes, heureux.ses que le trois-quart des persos principaux sont des femmes (badass), qu’on rétame dès le début la mâchoire d’un mec qui fait une vanne misogyne, qu’il y ait un petit tacle sans raison aucune sur le patriarcat, et surtout que dans un scénario qui essaye de vanter constamment la force et la présence des femmes, le « hasard » fait que la totalité des ennemis que vous aller buter/égorger/éventrer seront exclusivement des hommes. Le sens des priorités.

L’instant anecdote :
J’ai fait une partie du dernier tiers du jeu pendant que ma femme à côté pleurait en regardant (encore) la fin du film Hurlevent. J’ai baillé. Elle m’a dit que je n’avais pas d’âme.



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