Films d’animation : 5 bijoux à voir en streaming


Chaque année, c’est le grand rendez-vous du cinéma d’animation : le festival d’Annecy revient du 9 au 15 juin dans la cité de Haute-Savoie. Au programme : des dizaines de projections, bien sûr, mais aussi des expos, des rencontres… Sans oublier la traditionnelle cérémonie de clôture du festival, qui distinguera les meilleurs films.

Profitons donc que le cinéma d’animation soit à l’honneur pour partager nos derniers coups de cœur : le monde explosif de Suzan Pitt, une fable écolo teintée d’inquiétante étrangeté, un conte japonais à la beauté époustouflante… Le tout à voir et revoir sans modération sur les plateformes Arte, Netflix, Mubi…

Samuel d’Émilie Tronche : délicieuses chroniques de l’enfance


C’est l’histoire de Samuel, 10 ans. Samuel déteste la pluie, les devoirs, Dimitri qui fait son crâneur dans la cour de récré. Il adore en revanche le soleil, l’ordinateur et surtout la grande Julie qu’il aime en secret… Imaginée par Émilie Tronche, cette mini-série diffusée sur Arte.tv est l’heureuse surprise de ce printemps, qui a conquis le cœur du public (et le nôtre). En 21 épisodes très courts (3 à 5 minutes à peine !) la réalisatrice, qui prête sa voix au personnage principal comme à tous ceux de la série, nous fait replonger dans les affres de la préadolescence : la boum d’anniversaire à la piscine municipale, les interminables conversations sur MSN, les spectacles de fin d’année… Son trait minimaliste, délicieusement espiègle et universel, nous réveille l’enfant que l’on a jadis été !

D’Émilie Tronche

21 épisodes, 2024
Disponible sur Arte.tv
Pour voir la série, direction le site Arte.tv

Tout l’univers génial et décalé de Suzan Pitt

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Extravagant, foutraque, décalé, érotique… L’univers de Suzan Pitt (1943–2019), c’est tout cela à la fois. Figure importante du cinéma d’animation expérimental, elle reste pourtant largement méconnue par les amateurs du genre, en particulier en France. Le cycle que lui consacre actuellement la plateforme Mubi nous offre donc l’occasion de se familiariser avec son œuvre aussi fantasque que fantastique, honorée par le MoMA d’une rétrospective en 2017. Du mythique Asparagus (1979), court-métrage dans lequel Pitt sonde les abysses mystérieux de nos désirs, au plus abstrait Pinball (2013), véritable festival de couleurs, on se laisse happer par un tourbillon d’images aux accents surréalistes qui n’auraient sans doute pas déplu à Salvador Dalì

La Traversée de Florence Miailhe : une odyssée contemporaine aux couleurs fauves

Il aura fallu près d’une décennie à Florence Miailhe (née en 1956), pour aboutir à cet émouvant premier long-métrage, écrit avec la journaliste et romancière Marie Desplechin. Elle raconte dans La Traversée la périlleuse odyssée de Kyona et de son petit frère Adriel qui, contraints à l’exil, traversent un continent imaginaire. Pris dans les terribles tourments de l’exil et de ses innombrables dangers, les deux enfants ne lâchent jamais leur rêve de trouver un monde meilleur… Entièrement peint à la main sur plaque de verre par Florence Miailhe (qui a fait les Arts décoratifs), le film est un véritable bijou d’animation qui convoque autant les visions oniriques de Marc Chagall que la palette vibrante des artistes du fauvisme. Le récit, qui s’appuie sur l’histoire familiale de la réalisatrice, se distingue par sa poésie comme par son humanisme… Et résonne tristement avec notre monde contemporain.

De Florence Miailhe, coécrit avec Marie Desplechin

79 min, 2021
Disponible sur Arte.tv
Pour voir le film, direction le site Arte.tv

Psiconautas de Pedro Rivero et Alberto Vázquez : une bouleversante fable écologique

Tout commence par un désastre. Un beau jour, un grave accident industriel ravage l’île où vivent Birdboy, un garçon-oiseau, et Dinky, une ado-souris. Habitants et animaux tentent de se remettre tant bien que mal de la catastrophe, mais celle-ci a laissé de graves séquelles sur l’environnement. Entourés de leurs amis, les jeunes personnages intrépides tentent alors de fuir le malheur, non sans faire face à de multiples péripéties… Inspirée d’une bande dessinée d’Alberto Vázquez (né en 1980), coréalisateur du film avec Pedro Rivero, cette puissante fable écologique – couronnée en 2017 du Goya du meilleur film d’animation – est traversée de poésie, de désespoir et de révolte. Son univers onirique, qui emprunte à Tim Burton comme à Hayao Miyazaki, séduit tantôt par sa noirceur, tantôt par sa naïveté enfantine, et ne laisse personne indifférent.

Le Conte de la princesse Kaguya de Isao Takahata : quand l’estampe japonaise rencontre l’animation

C’est un bijou dont on ne se lasse pas. Sorti en 2013 au Japon, Le Conte de la princesse Kaguya raconte l’histoire d’un vieux coupeur de bambou qui par un beau jour de printemps tombe nez à nez avec une petite créature lumineuse, endormie dans un bourgeon. Adoptée par le monsieur et sa femme, elle grandit et devient une jeune femme à la beauté convoitée… Inspiré d’un classique de la tradition orale nipponne, ce chef-d’œuvre du studio Ghibli est né de la rencontre inédite entre le cinéma d’animation et l’estampe japonaise. À l’écran, le résultat est tout simplement somptueux ! Imprégnés du wabi-sabi, fameux concept japonais qui célèbre l’impermanence des choses, les croquis et aquarelles de Isao Takahata (1935–2018) – auteur aussi du Tombeau des lucioles et de Pompoko – n’ont rien à envier aux maîtres de l’ukiyo-e

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Le Conte de la princesse Kaguya

De Isao Takahata

137 minutes, 2013
Disponible sur Netflix
Pour voir le film, direction la plateforme Netflix.

 



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