Evolution des exploitations – Depuis 1970, agrandissement et spécialisation homogènes des fermes – Économie et gestion


En 50 ans, le nombre d’exploitations françaises est passé de 1,58 million à 389 000. Une évolution qui s’est traduite par une plus grande concentration et, en parallèle, spécialisation des fermes. Néanmoins, l’agrandissement des exploitations s’est fait de façon relativement équilibrée sur le territoire.

La diminution du nombre d’exploitations agricoles françaises s’est accompagnée d’une augmentation de la surface agricole utile (SAU) moyenne par ferme, cette dernière passant de 19 à 69 ha entre 1970 et 2020. Cependant, « à l’inverse de ce que l’on aurait pu anticiper, les surfaces libérées par la forte diminution du nombre d’exploitations, depuis plusieurs décennies, n’ont pas été préférentiellement récupérées par les plus grandes de celles qui restaient en activité », souligne le Centre d’étude et de prospective (CEP) du ministère de l’agriculture dans une note d’analyse.

L’agrandissement s’est ainsi réalisé au même rythme quel que soit la taille des exploitations. Si ce sont d’abord les exploitations de grandes cultures qui se sont agrandies, bénéficiant des apports de la mécanisation, « au fil des recensements, la SAU moyenne croît sur tous les territoires et dépasse généralement les 40 ha », y compris dans des régions d’élevage avec le développement des stabulations libres et la multiplication des salles de traite.

Les territoires moins spécialisés que les exploitations

Si l’on ne constate pas non plus de « tendance géographique à la mono-spécialisation », certaines productions sont davantage représentées dans certaines zones. Globalement, chaque territoire conserve une diversité relative, mais « ce n’est pas le fait d’exploitations elles-mêmes diversifiées », indique le CEP. « Désormais, la diversité territoriale des productions résulte d’exploitations très spécialisées, mais dans des productions différentes », précise la note.

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En 2020, 145 247 exploitations ont un atelier qui génère au moins 97,5 % de la production brute standard (PBS), soit 35 % des exploitations contre seulement 19,3 % en 1988. Elles sont aujourd’hui plus nombreuses à produire, dans cette configuration, des grandes cultures standard (25,8 % en 2020 contre 20,7 % en 1988) ou des fourrages sans production animale (11,7 % en 2020 contre 7,0 % en 1988), précise le CEP.

Par ailleurs, si l’on constate un recul de la spécialisation dans certains territoires, il ne s’agit pas d’une contre-tendance à l’œuvre, mais plutôt d’un rééquilibrage dû à l’arrêt de certaines productions, essentiellement des ateliers volailles, après la fin des restitutions aux exportations.

Enfin, le CEP souligne en parallèle de ces évolutions, une concentration de l’emploi au sein des exploitations : en 2020, 25 % des fermes mobilisent 61 % du total de la main-d’œuvre agricole, contre 49 % en 1970. « Plus parlant encore, 25 % de cette dernière est concentrée en 2020 dans 4 % seulement des structures, contre 9 % en 1970 », précise la note.



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