Le Gouvernement renforce son engagement dans la lutte contre l’endométriose avec le lancement d’une expérimentation majeure du test salivaire Endotest, désormais pris en charge, de manière dérogatoire, par l’Assurance maladie dans le cadre d’un forfait innovation.
Ce test est placé en troisième ligne, c’est-à-dire après un examen clinique et une imagerie, lorsque ces derniers produisent des résultats discordants, et avant des dépistages plus invasifs.
Le test, dont la prise en charge forfaitaire s’élève à 839 euros par personne (incluant l’acte médical et les frais d’hospitalisation), s’adresse aux femmes de plus de 18 ans présentant des symptômes évocateurs d’endométriose et dont ni l’examen clinique ni l’imagerie n’ont permis d’objectiver le diagnostic. Les patientes peuvent aller dans l’un des établissements participants pour en bénéficier.
25 000 patientes pourront en bénéficier, dont 2 500 dans le cadre de l’étude clinique et 22 500 autres en dehors de l’étude, pour une durée de trois ans à compter du lancement.
Le test est financé à date dans 80 hôpitaux à travers le territoire, et sera proposé dans 20 centres supplémentaires courant avril 2025, a indiqué le ministère chargé de la Santé et de l’Accès aux soins ce vendredi 28 mars.
Une avancée technologique
Répondre à l’errance diagnostique
En France, il faut en moyenne 7 ans pour poser un diagnostic d’endométriose.
Cette errance entraîne d’importantes conséquences sur la qualité de vie, la santé reproductive et la vie professionnelle des femmes concernées.
Avec l’Endotest, l’objectif est de réduire ce délai, d’éviter les examens invasifs, et de permettre une prise en charge plus rapide et adaptée.
La Stratégie nationale contre l’endométriose
Elle contient trois axes prioritaires :
- le renforcement de la recherche, avec comme mesure phare le programme et équipement prioritaire de recherche (PEPR) « Santé des femmes, Santé des couples », qui comporte un axe endométriose et un axe infertilité,
- l’amélioration de l’offre de soins, notamment avec la mise en œuvre de filières dédiées à la prise en charge de l’endométriose dans chaque région,
- l’accroissement de la connaissance sur l’endométriose parmi les professionnels de santé et la société avec la mise en œuvre de mesures de formation et d’information.
Au total, cette stratégie interministérielle s’organise en 27 objectifs, 58 mesures et 123 actions. La force de cette stratégie relève de son caractère interministériel afin d’actionner l’ensemble des leviers nécessaires pour améliorer le quotidien des femmes dans leur vie professionnelle, scolaire, affective, sexuelle…
Un enjeu de santé publique majeur
L’endométriose toucherait 1,5 à 2,5 millions de femmes en âge de procréer en France. Elle est l’une des principales causes d’infertilité et peut provoquer des douleurs invalidantes et une altération marquée de la qualité de vie.
Les principaux symptômes sont notamment : des douleurs importantes pendant les règles, des douleurs profondes pendant les rapports sexuels, des troubles urinaires et des douleurs pendant les selles.
Sa complexité, la diversité des symptômes et l’absence de lien direct entre l’étendue des lésions et l’intensité des douleurs rendent le diagnostic difficile. D’où l’importance de sensibiliser les femmes, leurs proches et les professionnels de santé, dès les premiers symptômes.
Toutes et tous égaux
Le Gouvernement s’est engagé à concrétiser l’égalité entre les femmes et les hommes sur le plan professionnel, économique et social en adoptant un plan d’action interministériel.
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