«Pendant que l’Europe régule sur l’éconologie, la Chine et les États-Unis avancent», déplore le député RN Alexandre Loubet
Doit-on faire de l’Europe une puissance exportatrice plutôt qu’un continent contraint par la décarbonation ? À cette question hautement politique, Hadrien Clouet, député LFI de Haute-Garonne, a répond en plaidant pour un retour en force de l’investissement public dans la décarbonation. «Il faut sortir du marché européen de l’énergie», a-t-il encore insisté, puisque ce dernier «indexe le prix de l’électricité sur le prix du gaz», pénalisant les industriels tricolores.
Alexandre Loubet, député RN de la Moselle et conseiller spécial de Jordan Bardella a tenu un autre discours : «Aujourd’hui, la décarbonation est devenue notre boulet», a-t-il lancé. «Pendant que l’Europe régule sur l’éconologie, la Chine et les États-Unis avancent», a fait valoir le député RN. Et de conclure : «Il faut sorti de cette naïveté et de l’idéologie d’une écologie punitive et excessive.»
«Le déclin de l’Occident est un enjeu majeur, et nous, Français, devons prendre notre part au renouveau», lance Patrick Pouyanné
Réagissant à une phrase de l’écrivain russe Alexandre Soljenitsyne sur le «déclin du courage» en Occident, le patron de TotalEnergies a estimé qu’il s’agit d’un «enjeu majeur pour tous ici». «Le déclin de l’Occident est un enjeu majeur, et nous, Français, devons prendre notre part au renouveau», lance-t-il.
Et de conclure sur une note positive : «On en a les moyens, il faut juste faire preuve de leadership, de courage, et ce n’est pas grave si on est un peu brutal». Une méthode peut-être impopulaire, mais qu’il assume : «Il faut arrêter de faire plaisir à tout le monde en même temps, parce que sinon non ne sera pas courageux.»
«Notre problème, dans ce pays, c’est qu’on veut redistribuer une richesse qu’on n’a pas suffisamment», tacle le patron de TotalEnergies
Un appel au réalisme qui a été bien accueilli par les centaines de décideurs présents ce soir à l’université d’été du Medef. «Bien sûr, il fait bon vivre dans notre pays, mais on vit au-dessus de nos moyens», constate Patrick Pouyanné. «Notre problème, dans ce pays, c’est qu’on veut redistribuer une richesse qu’on n’a pas suffisamment.»
Il insiste notamment sur l’importance de relancer l’investissement privé : «On ne peut pas continuer à augmenter les charges et les impôts. Il faut investir. Et pour investir, il faut qu’on en ait les moyens», souligne-t-il.
Autre fragilité nationale pointée par Patrick Pouyanné : la masse de travail disponible. «Produire, ça veut dire qu’il faut augmenter le temps de travail», estime le capitaine d’industrie, qui constate que «notre pays a un écart par rapport à tous (ses) concurrents».
«On se ment à nous-même !» lance Patrick Pouyanné, dénonçant le modèle d’une «Europe de consommateurs»
Le patron du géant énergétique français n’a pas mâché ses mots ce mercredi, s’en prenant frontalement à l’idéologie européenne actuelle. «Ça fait 40 ans qu’on construit une Europe des consommateurs, avec un seul objectif : battre l’inflation», lance Patrick Pouyanné. Un projet qu’il juge incompatible avec une «Europe de producteurs».
«Il n’y a plus d’industrie, mais pourquoi : mais parce qu’on est mal accueillis, parce qu’on ne nous protège pas !» déplore le capitaine d’industrie. «On a (en Europe) des facteurs profonds de productivité, que sont les salaires ou l’énergie, qu’on veut défendre dans notre modèle mais qui ne sont pas compatibles avec un monde ouvert !»
«Nous nous paupérisons, nous nous fragilisons en Europe», alerte la directrice de la rédaction de Marianne
Insistant sur la responsabilité des décideurs politiques devant les générations de Français à venir, l’essayiste Natacha Polony a posé un diagnostic au vitriol de l’économie tricolore : «Nous avons une industrie qui est en dessous des 10% du PIB», a-t-elle souligné, après avoir pointé les taux d’emprunt record que nous imposent les marchés.
«En gros, nous nous paupérisons, nous nous fragilisons en Europe, assure-t-elle, alors même que l’Europe est la zone du monde où il y a la moins de croissance».
«Notre PIB par habitant est inférieur à la moyenne européenne : c’est une honte !», tacle Natacha Polony
Reprenant un indicateur qui a beaucoup fait parler de lui ces derniers temps, l’essayiste et directrice de la rédaction de Marianne a déploré le déclassement français. «Nous allons entrer dans la quatrième année consécutive où le PIB par habitant est inférieur à la moyenne européenne : c’est une honte !» s’est-elle exclamée devant un parterre de décideurs économiques et politiques.
Et de conclure : «Le sentiment de la plupart des Français, c’est un sentiment de gâchis, d’un gâchis absolument gigantesque», a-t-elle encore assuré.
L’électrification du parc automobile est «beaucoup plus lente que prévu», constate le directeur général de Stellantis
La transformation du parc automobile mondial du thermique vers l’électrique se déroule «beaucoup plus lentement» qu’anticipé, a expliqué le directeur général du groupe automobile Stellantis, Antonio Filosa, à la REF 2026. Dans certaines régions, l’électrification est même en recul. «Aux États-Unis, il y a cinq ans, 7,3% du parc était électrique. C’est 6,5% aujourd’hui», a-t-il illustré. De quoi obliger le groupe à de coûteux investissements pour revoir sa stratégie.
Stephanie Lecocq / REUTERS
«Les industriels français sont totalement engagés derrière leurs armées», souligne le président du groupe Dassault, Éric Trappier
Interrogé dans le cadre d’une table ronde lors de l’université d’été du Medef, le président du groupe Dassault* et de l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM) a rappelé l’engagement des entreprises de toutes tailles. Les PME «sont très fières lorsqu’elles fabriquent un petit bout du Rafale», a illustré Éric Trappier.
*Le groupe Dassault est propriétaire du « Figaro ».
Stephanie Lecocq / REUTERS
«La multiplication par deux du budget de la défense était indispensable et salutaire», souligne le chef d’état-major des armées, Fabien Mandon
Premier à prendre la parole lors d’une table ronde sur le thème «Sommes-nous prêts à affronter la guerre ?», le chef d’état-major des armées, Fabien Mandon, s’est félicité de l’effort financier en faveur de la défense. «La multiplication par deux du budget de la défense était indispensable et salutaire», a-t-il jugé. Celui-ci est «celui de tous les Français», a ajouté le militaire, se disant conscient que «cela nous oblige».
Stephanie Lecocq / REUTERS
«À force de faire des lois de simplification, ça ressort comme des lois de complexification», pointe le ministre de l’Industrie Sébastien Martin
À la REF, Sébastien Martin, le ministre délégué chargé de l’Industrie, met en garde contre l’empilement des réformes censées simplifier la vie des entreprises. «J’ai préféré de mauvaises règles à des règles qui changent tout le temps», affirme-t-il, jugeant que ces changements répétés entretiennent une «instabilité permanente». Il appelle donc à cesser les «grandes lois de simplification» à répétition.
Stephanie Lecocq / REUTERS
«Si l’on ne réagit pas et vite, l’Europe ne sera plus qu’un parc d’attractions», alerte un eurodéputé socialiste
«Si l’on ne réagit pas et vite, l’Europe ne sera plus qu’un parc d’attractions», alerte Pierre Jouvet. L’eurodéputé socialiste partage le constat de nombreux patrons : la Chine construit son hégémonie industrielle, secteur après secteur. Co-rapporteur de l’Acte pour l’accélération industrielle, il présentera le 7 septembre sa version amendée du texte défendu par le commissaire européen Stéphane Séjourné.
En attendant, il vient défendre, lors de rendez-vous avec des dirigeants d’entreprise et au cours d’une table ronde à la REF jeudi, sa définition du «made in Europe» – lui, veut en exclure le Maroc, à la différence du texte de la Commission européenne.
Par Fabrice Nodé-Langlois, au stade Roland-Garros
L’ancienne première ministre Élisabeth Borne juge qu’il est «possible de réformer dans notre pays»
Lors du débat «Produire ou périr» à la REF, l’ancienne première ministre Élisabeth Borne défend la capacité de la France à mener des réformes, citant celles de l’apprentissage, de la SNCF, de l’assurance-chômage ou encore des retraites. La députée EPR du Calvados reconnaît toutefois que l’instabilité politique complique leur mise en œuvre et «fait perdre un peu le sens du cap». Pour réindustrialiser, elle appelle aussi à mieux associer partenaires sociaux et acteurs locaux.
Stephanie Lecocq / REUTERS
Le président du Medef veut revenir sur l’interdiction du cumul des mandats
Patrick Martin appelle à revoir l’organisation des pouvoirs publics, qu’il juge trop complexe et coûteuse. Il critique notamment «l’endogamie entre fonction publique et personnel politique» et souhaite revenir sur l’interdiction du cumul des mandats, qui aurait, selon lui, éloigné les élus «des réalités du terrain». Le patron des patrons réclame aussi une accélération de la simplification administrative pour favoriser l’investissement, l’emploi et la réindustrialisation.
Retraite, 35 heures, logement… Patrick Martin appelle l’État à «reconnaître ses erreurs»
Le président du Medef estime que «le courage et la lucidité» imposent à l’État de revenir sur plusieurs choix passés, citant la retraite à 60 ans, les 35 heures ou encore la politique du logement. Il lui reproche d’avoir aussi «reculé» sur des dossiers d’énergie et d’infrastructures, et d’être resté «inerte» sur l’eau ou le grand âge. Pour Patrick Martin, les budgets 2027 puis la présidentielle devront être un «moment de vérité».
Capitalisation, TVA sociale, emploi des jeunes… Patrick Martin veut «crever trois baudruches»
Patrick Martin appelle à développer davantage la retraite par capitalisation, déjà choisie selon lui par 13 millions de salariés via un Plan d’épargne retraite (PER). Il défend aussi la «TVA sociale», qu’il présente comme un levier pour financer la protection sociale, améliorer la compétitivité et créer près de 300.000 emplois. Enfin, il dénonce le «scandale national» de l’emploi des jeunes, rappelant que leur taux d’emploi reste très inférieur à celui observé aux Pays-Bas ou en Allemagne.
«Notre modèle social est à bout de souffle», pointe le président du Medef
Patrick Martin estime que le système social français doit être profondément revu : «Le Medef s’engagera de bonne foi, pour sauver le système social mais pas pour sauver les apparences.» Selon lui, «l’entreprise n’est pas un service public de l’emploi» et «c’est la prospérité économique qui fait le progrès social». Sa conclusion : la France doit «travailler et investir plus».
Patrick Martin appelle les partenaires sociaux à accélérer sur plusieurs dossiers, estimant que «nous n’avançons pas assez vite»
Le président du Medef appelle les partenaires sociaux à accélérer sur plusieurs dossiers «systémiques» comme le «financement de la protection sociale, la jeunesse, mais aussi les conséquences de l’intelligence artificielle, de la démographie et du dérèglement climatique sur le modèle productif». «Ne pas s’en saisir, c’est laisser la main aux seuls politiques», prévient-il, au risque de voir émerger des propositions «dogmatiques ou inadaptées».
«Non, les entreprises ne sont pas “gavées” d’aides publiques», défend Patrick Martin
Patrick Martin rejette l’idée d’entreprises massivement soutenues par l’État, estimant que ces aides ne sont souvent que la «compensation partielle de politiques publiques mal conçues». Il met aussi en garde contre de nouvelles restrictions sur le crédit d’impôt recherche (CIR), dans un contexte de compétition internationale accrue. «Notre débat public est pollué par des slogans, des caricatures et des postures», dénonce-t-il.
À lire aussi
Crédit d’impôt recherche, prélèvements sociaux, compétitivité : l’alerte de l’aéronautique aux politiques
Patrick Martin charge la taxe Zucman et appelle les parlementaires à «ne pas tomber dans ce panneau»
Le président du Medef dénonce le «mythe» d’une France qui serait le «temple des inégalités» et attaque frontalement la taxe Zucman. Selon lui, celle-ci «ne réglera rien au déclassement de la France» et ne créera «pas un euro de PIB supplémentaire». Patrick Martin met aussi en garde contre une remise en cause du pacte Dutreil et appelle les parlementaires à résister à ce qu’il qualifie de «hold-up intellectuel et politique», martelant que le véritable problème reste celui d’une dépense publique «très excessive».
À lire aussi
Elle détruirait plus de recettes qu’elle n’en générerait : cette étude qui accable la taxe Zucman
«Un fantasme dangereux d’annulation de la dette» : le président du Medef cible une proposition de Jean-Luc Mélenchon
Patrick Martin appelle à «affronter les contre-vérités» du débat public et juge indispensable de redresser les comptes nationaux pour préserver la souveraineté de la France. Mais, selon lui, cela doit passer par une baisse des dépenses, «pas par un fantasme dangereux d’annulation de la dette», en référence à une proposition défendue par Jean-Luc Mélenchon. Patrick Martin rejette également l’idée d’une France «ultra-libérale», rappelant le poids des prélèvements obligatoires et de la dépense publique.
Patrick Martin soutient l’entrée d’André Citroën au Panthéon
Patrick Martin appelle à soutenir la panthéonisation d’André Citroën, «fils d’immigré, ingénieur visionnaire, capitaine d’industrie». Combattant de la Première Guerre mondiale et industriel ayant mis ses usines Citroën au service de la France, il incarnerait, selon le président du Medef, une reconnaissance du rôle des entrepreneurs dans la réussite du pays. Il salue au passage son descendant Henri-Jacques Citroën, à l’origine du projet.
À lire aussi
«Soutenons l’entrée au Panthéon d’André Citroën», lance le patron du Medef Patrick Martin à la REF 2026
«Ne nous sous-estimez pas», prévient Patrick Martin en direction des candidats à la présidentielle
Le président du Medef refuse que les entreprises soient considérées comme des «vaches à lait» au motif que leur poids électoral serait limité. «Notre seuil de douleur est largement atteint», assure-t-il, citant les défaillances d’entreprises, l’emploi ou encore la balance commerciale. Et de rappeler «la puissance de notre collectif». «Ne nous sous-estimez pas», prévient-il, en haussant la voix.
«Ça suffit !» : Patrick Martin alerte sur l’inquiétude des patrons
S’appuyant sur un sondage mené auprès de 66.000 dirigeants, essentiellement de TPE, PME et ETI, le président du Medef affirme que 82% des patrons sont inquiets de la politique économique du prochain chef de l’État, quel que soit le candidat élu en 2027. Il ajoute que «66% craignant des difficultés si perdure le statu quo». «Nous ne pouvons pas compenser nos pertes par des impôts ou transférer nos dettes aux générations futures», affirme-t-il, lançant : «Ça suffit !».
Patrick Martin réclame «un programme présidentiel de libertés»
Patrick Martin ouvre La REF à Roland-Garros par un appel au «courage collectif». Le président du Medef, qui revendique 20.000 participants sur les deux jours de l’université d’été de l’organisation patronale, appelle les entrepreneurs à être des «militants de l’entreprise» et défend une ligne résolument libérale. «Il faut faire voler en éclats le carcan qui étouffe notre pays. Si l’étatisme était la solution, nous serions champions du monde», lance-t-il. Il réclame ainsi «un programme présidentiel de libertés» dans les mois à venir.
À lire aussi
«Des milliers de jeunes» sans entreprise à la rentrée : le gouvernement appelle les patrons à embaucher des apprentis
«Il va être difficile de faire vivre les sujets économiques pendant la campagne présidentielle», confie le patron d’une fédération professionnelle
«Les tables rondes de ce matin avec des députés ont donné un avant-goût du débat de demain après-midi entre les candidats à la présidentielle, confie au Figaro le patron d’une importante fédération professionnelle juste avant le discours d’ouverture de Patrick Martin. Ils ne sont d’accord sur rien. On verra demain s’ils sont capables de débattre sans s’écharper. Il va être difficile de faire vivre les sujets économiques pendant cette campagne présidentielle. Et cela va durer comme cela pendant neuf mois.»
Un premier débat de la présidentielle en clôture de La REF 2026 jeudi après-midi
Le principal temps fort de La REF 2026 sera le premier débat de la présidentielle 2027, organisé en clôture de l’événement, jeudi après-midi. Il réunira sept des principaux candidats à la fonction suprême : Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau, Marine Tondelier. Ils seront interpellés sur leurs intentions par cinq dirigeants de PME.
Fiscalité, charges, bureaucratie : les chefs d’entreprise mettent la pression sur les candidats à la présidentielle
À l’occasion de La REF 2026, un sondage d’une ampleur inédite, mené auprès de 66.000 dirigeants, a été dévoilé par le Medef. Cette étude OpinionWay met en exergue les difficultés auxquelles sont confrontées les entreprises dans leur quotidien. Le niveau des impôts et des charges est cité par 79% des sondés, devant le poids des démarches administratives (59%). Les changements fréquents de règles fiscales, sociales ou environnementales reviennent chez 50% des répondants, et le manque de visibilité sur la conjoncture économique par 49%.
De ces inquiétudes découlent cinq attentes pour le quinquennat à venir : réduire la fiscalité et les charges, réindustrialiser le pays, simplifier les normes et les procédures administratives, réduire la dette et les dépenses publiques et, enfin, stabiliser les règles fiscales et sociales.
Le discours d’ouverture du président du Medef Patrick Martin prévu à 14h30
Le président du Medef Patrick Martin prononcera le discours d’ouverture de La REF 2026. Sa prise de parole est prévue à 14h30. Il donnera ainsi le top départ de deux journées d’interventions, de tables rondes et de débats autour du thème central du «courage».
Bienvenue sur ce direct
Bonjour et bienvenue sur ce direct, consacré à la première journée de l’édition 2026 de La REF, l’université d’été du Medef.
Les publications apparaîtront ici
Poster un Commentaire