DÉCRYPTAGE – Le chancelier allemand a pris la tête du clan des « frugaux » pour réclamer des coupes massives dans les dépenses. La France veut au contraire augmenter les recettes pour financer les ambitions de l’Europe. Une course contre la montre pour aboutir avant Noël.
Tous les sept ans, les Européens se livrent à des négociations marathon, étalées sur des mois, voire plus d’un an et demi, pour fixer les termes de leur prochain budget, le cadre financier pluriannuel (CFP) en jargon bruxellois. La Commission a remis sa proposition pour la période 2028 à 2034 en juillet 2025. Depuis, la présidence chypriote puis la présidence irlandaise de l’UE ont tenté, sans succès, de faire progresser un consensus entre les Vingt-Sept. Pour la première fois, les chefs d’État et de gouvernement sont enfin entrés dans le vif du sujet, jeudi, durant un sommet à Bruxelles.
La pression est accrue par la volonté de tous les États membres et des institutions européennes d’aboutir avant la fin de l’année, afin que le sujet ne se télescope pas avec la série d’élections, en Espagne, en France, mais aussi en Pologne, en Italie, en Finlande et en Estonie dans l’année qui vient. Les législatives anticipées convoquées en Espagne fin novembre pourraient avoir raison de cette belle intention.
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