Elections européennes – Les candidats aux européennes devant le monde agricole – Politique et syndicats


À 10 jours de l’élection des députés européens, sept candidats sont venus défendre le programme pour l’agriculture de leur liste respective devant des représentants de la profession agricole, évoquant les grands sujets comme la réforme de la Pac, le renouvellement des générations, le libre-échange ou encore le revenu des agriculteurs.

Ce Grand Oral organisé le 28 mai à l’initiative de la FNSEA, JA, Chambres d’agriculture France, la Coopération agricole, le Cevipof et Réussir Agra, a permis aux sept candidats présents de revenir sur les enjeux clés pour l’agriculture française au niveau européen.

Des oppositions sur les aides de la Pac

Premier sujet d’envergure : la Pac, parfois renommée en politique agricole et alimentaire commune, notamment pour les Écologistes, le PS et La France Insoumise (LFI). La question de la répartition des aides divise, sans surprise, les différents partis. Renaissance entend bien mettre « sur la table » le sujet de la Pac à l’actif, sans pour autant défendre une définition européenne de l’actif agricole. « Nous voulons garder le système d’aides à l’hectare, mais que la base de déclenchement soit sur l’actif », explique Jérémy Decerle, agriculteur eurodéputé sortant et 14e sur la liste Renaissance, position qui ne garantit pas sa réélection.

Les aides à l’actif sont également défendues par Aurélie Trouvé et Marina Mesure de LFI, qui veulent également verser plus d’aides aux « oubliés de la Pac », sans forcément priver les autres filières. « On défend les prix rémunérateurs garantis, et dans ce cadre, on peut avoir des aides Pac qui soient réellement ciblées sur les pratiques environnementales, les productions agroécologiques, et certaines productions qui sont, de plus en plus, en importation nette », expliquent-elles.

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À l’inverse, Les Républicains, représentés par l’agricultrice du Tarn Céline Imart, entendent maintenir une Pac basée sur les aides à l’hectare, « piliers de la compétitivité de nos fermes », indique-t-elle. Il sera nécessaire, en parallèle, d’augmenter le budget de la Pac qui est aujourd’hui exprimé « en euros courants et non en euros constants, ce qui nous prive, agriculteurs, d’un à deux ans d’aides directes », s’indigne-t-elle.

Le PS/Place publique, représenté par Christophe Clergeau, défend de son côté une forte augmentation du budget de la Pac, nécessaire « si l’on veut accompagner les agriculteurs dans la transition écologique tout en préservant leur revenu ».

Du côté du Rassemblement National, le modèle défendu est celui des « prix qui remplacent les primes », explique Gilles Pennelle, conseiller régional de Bretagne et 15e sur la liste de Jordan Bardella. « Nous voulons réorienter les aides vers l’investissement, la modernisation, que nos agriculteurs doivent vivre de leur travail, de leurs prix », explique-t-il.

Transmission et renouvellement des générations

Autre sujet clé, celui du renouvellement des générations, alors que la loi actuellement en discussion ne remplit pas toutes les attentes. Reconquête propose de supprimer les droits de succession dans la transmission des exploitations agricoles et d’augmenter les aides à l’installation.

Les Écologistes prévoient de leur côté une « dotation de carrière », permettant de financer l’installation d’un agriculteur « avec une capitalisation financière », et sans notion d’âge, explique Claude Gruffat, eurodéputé sortant, candidat EELV. Les Verts portent également l’ambition de maintenir voire augmenter le nombre d’agriculteurs.

Pour LR, au-delà du revenu, il faut aussi « de la vivabilité », souligne Céline Imart, qui souhaite initier une politique de communication européenne contre l’agribashing.

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Soutenir la transition

Chez Reconquête, le dérèglement climatique n’est pas vraiment un sujet : « ce qu’on a, ce sont des aléas climatiques. Et notre enjeu, c’est de s’adapter, on l’a toujours fait », estime Olivier Cléland, exploitant agricole, 56e sur la liste de Reconquête.

Sans pour autant défendre corps et âme les règlements européens sur les pesticides et la restauration de la nature, Jérémy Decerle se veut rassurant et considère qu’ils « ne viendront pas dans les années proches contrarier l’agriculture ». Si certains partis, comme le RN, se disent « vent debout » contre le Green Deal, l’ancien président de JA estime que tout n’est pas à jeter dans la stratégie Farm to Fork, notamment le Carbon Farming.

La rémunération des pratiques vertueuses fait aussi partie des solutions mises en avant par LR – mais en dehors de Farm to Fork – et en parallèle de l’innovation technologique, nécessaire pour assurer la transition écologique, explique de son côté Céline Imart.

Revenu et normes

Pour soutenir le revenu agricole, autre thème d’importance, Renaissance propose un Egalim européen. « Dans tous les pays, les agriculteurs se sont plaints du prix de leurs produits, il y a donc une fenêtre de tir sur le sujet », veut croire Jérémy Decerle.

Pour Céline Imart, il faut aussi travailler sur la réglementation : « toute nouvelle norme qui vise à baisser la prod sur notre sol ne doit pas être mise en œuvre », estime-t-elle. Pour Reconquête, il est surtout nécessaire de « redonner de la liberté d’entreprendre, et ce n’est pas ce que l’Europe nous apporte ». Le RN s’oppose de son côté aux prix planchers, « impossible à mettre en œuvre dans une économie ouverte ».

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Libre-échange

Enfin, la question du libre-échange a également été évoquée par l’ensemble des candidats. « Nous proposons de rompre avec libre-échange pour le secteur agricole » à l’exception du vin et des appellations, qui peuvent bénéficier de ce système, explique Christophe Clergeau. « On peut retrouver le sens d’un échange juste et équilibré, ça s’appelle le commerce équitable, qui créé de la valeur de part et d’autre », ajoute le candidat socialiste. Les Écologistes et LFI, mais aussi le RN proposent également de sortir l’agriculture des accords de libre-échange. D’une façon générale, la plupart des candidats veulent avant tout faire respecter nos normes de production. Pour Renaissance, qui a tenté de les mettre en place lors de la précédente mandature, les lignes rouges sont « les clauses miroirs » et la réciprocité. Il sera cependant nécessaire de trouver des alliés au niveau européen pour rendre ces clauses miroirs réellement effectives.



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