des passagers piqués, un Boeing immobilisé à Rome


Des voyageurs reliant l’Australie à l’Italie ont eu la désagréable surprise de découvrir des punaises de lit à bord de leur avion. La compagnie australienne Qantas a dû annuler le vol retour et engager une opération de désinsectisation.

Il y a des passagers clandestins dont les compagnies aériennes se passeraient volontiers. Ceux-là mesurent quelques millimètres, voyagent sans billet et ont réussi à immobiliser un Boeing 787 Dreamliner. Vendredi 9 octobre, à bord du vol QF5 de Qantas reliant Perth, en Australie, à Rome, plusieurs voyageurs ont commencé à se plaindre de démangeaisons et de piqûres. Les responsables ? Des punaises de lit, découvertes dans la partie avant de la cabine économique, selon les informations du Guardian Australia.

Alerté, l’équipage a distribué des antihistaminiques aux voyageurs concernés, sur avis médical. Mais d’après le Sydney Morning Herald, les réserves de médicaments ont fini par s’épuiser. Une perspective peu réjouissante lorsqu’il reste plusieurs heures de vol et qu’il est impossible de quitter son siège.


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À l’arrivée à Rome-Fiumicino, Qantas a retiré l’appareil du service pour permettre aux équipes de maintenance de procéder à un nettoyage approfondi. Le vol retour QF6, prévu samedi 10 octobre à destination de Perth, a été annulé. La compagnie a présenté ses excuses, évoquant «un problème identifié sur un petit nombre de sièges en classe économique». Les passagers concernés par l’annulation ont été hébergés et replacés sur d’autres vols dans les 48 heures suivant leur départ initialement prévu.

Comment des punaises de lit peuvent-elles se retrouver dans un avion ?

L’incident pose une question assez désagréable : comment ces parasites ont-ils réussi à s’installer dans une cabine d’avion ? Selon Michelle Power, professeure de parasitologie à l’université Macquarie, interrogée par le Guardian, ils auraient probablement été introduits à bord dans les vêtements ou les bagages d’un voyageur. Rien ne permet toutefois de déterminer leur provenance exacte.

Les punaises de lit ne se cantonnent pas aux matelas des hôtels. Elles peuvent aussi se glisser dans les coutures et les interstices des fauteuils. Stephen Doggett, spécialiste australien de ces insectes interrogé par ABC News, estime même qu’elles pourraient se trouver dans l’appareil depuis quelque temps, sans avoir été détectées. Leur présence à bord des avions reste rare, mais leur élimination est compliquée : elles résistent à de nombreux insecticides et certains traitements peuvent endommager les matériaux aéronautiques.

Qantas précise que ses appareils font l’objet d’un nettoyage régulier et d’une désinfection tous les 50 jours. Une procédure d’entretien habituelle qui ne constitue pas, à elle seule, un traitement spécifique contre les punaises de lit. En attendant, l’affaire fait également réagir en Italie. L’association de défense des consommateurs Sportello dei Diritti réclame des indemnisations pour les voyageurs concernés. Son président, Giovanni D’Agata, dénonce un épisode « inacceptable » et conseille aux passagers de conserver leurs billets, leurs justificatifs de dépenses et d’éventuels certificats médicaux.

Quant aux voyageurs qui craignent une telle mésaventure, Stephen Doggett recommande de photographier les insectes ou les traces suspectes sur leur siège, afin de disposer de preuves pour une éventuelle réclamation. Pour le reste malheureusement, les possibilités sont limitées. Contrairement à une chambre d’hôtel, on ne peut pas demander à changer d’établissement à 10.000 mètres d’altitude.



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