déjà qualifiés pour le dernier carré de l’Euro, les Bleus, champions paralympiques, savourent leur popularité


L’équipe de France a dominé la Grèce (3-0) pour son deuxième match de la compétition à Strasbourg.

Champions d’Europe de cécifoot, les Bleus tentent de conserver leur titre à Strasbourg devant des tribunes pleines, forts de leur notoriété acquise deux ans plus tôt avec l’or paralympique. Mardi, les Français, meilleure équipe européenne, ont confirmé leur statut de favoris du tournoi continental, en se qualifiant pour les demi-finales avant même de jouer leur troisième match de groupe, ce mercredi (13h30) contre l’Allemagne.

Dans cette variante du foot pour déficients visuels, où deux équipes de cinq se disputent à l’ouïe un ballon rempli de grelots, ils ont surclassé la Grèce (3-0) grâce à un triplé de Babacar Niang, au lendemain d’une belle victoire (4-1) contre les Anglais. Et ils doivent composer avec des gradins pleins dans le stade éphémère monté devant le Parlement européen. Plusieurs centaines de personnes sont venues les encourager, la plupart assistant pour la première fois à un match de cécifoot.


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Tous les spectateurs interrogés disent avoir été motivés par les Paralympiques de Paris 2024, quand les Bleus ont décroché l’or en finale face aux Argentins. «Leur facilité, les passes qu’ils font, les échanges, l’adresse devant le but malgré (le fait) qu’ils ne voient rien, je trouve ça assez impressionnant», confie Sylvie Lindenlaup, jeune retraitée alsacienne croisée en tribunes. «Il y a beaucoup de tactique, beaucoup de déplacements, beaucoup d’anticipation et de connaissance du jeu qui est vraiment, je pense, au-dessus de la moyenne de ce qu’on peut voir, même parmi les valides», estime aussi Hubert Munyazikwiye, quadragénaire strasbourgeois. Il prend son parti de l’interdiction de faire du bruit pendant les phases de jeu, pour ne pas interférer avec le match : «ça permet vraiment à tout le public de se concentrer, de regarder ce qui se passe et l’action. Donc je trouve ça chouette !»

L’affluence peut en effet compliquer la tâche des joueurs, qui ont besoin de silence en tribunes pour s’orienter au mieux. Pendant les phases de jeu, les seuls bruits viennent du ballon et des éclats de voix sur le terrain. Les joueurs sont guidés par un membre de leur staff, positionné derrière le but, qui leur crie des consignes, et aussi par leur gardien de but, le seul valide de l’équipe. Avant les Paralympiques, les Bleus s’étaient entraînés aux côtés de footballeurs valides, dans une ambiance volontairement bruyante, pour se préparer à jouer au milieu d’un brouhaha, se rappelle Frédéric Villeroux, le maître à jouer de l’équipe de France.

«Si tu es maître avec ton ballon, si tu sais distribuer, si tu sais appeler avec du bruit, quand c’est calme comme aujourd’hui, lors d’une compétition, tu es à 100% de tes capacités», explique-t-il. Lui trouve ça «boostant (…) de jouer devant du public et de montrer aux gens qu’on est des footeux et pas des personnes en situation de handicap.» Mais à d’autres, «ça peut leur faire peur».

Deux millions de téléspectateurs

Pour leur premier match de la compétition, les Bleus ont été regardés par 2 millions de téléspectateurs, «ce qui est énorme», s’enthousiasme Rémi Garranger, responsable du développement du cécifoot à la Fédération française de handisport. Frédéric Villeroux espère que la médiatisation encouragera la croissance du cécifoot. Même après les Paralympiques, «en championnat de France, quand on va en compétition, des fois, on a 20 personnes autour du terrain, et c’est parce que c’est la famille !»

Les places sont déjà toutes vendues pour les demi-finales et la finale, se félicite Rémi Garranger. «Je me dis que ça va être crescendo, donc plus on va avancer dans la compétition, et plus on aura de monde». Les demi-finales ont lieu vendredi et la finale dimanche à 18h00.



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