De rares icônes byzantines évacuées d’Ukraine exposées au Louvre


Dès ce mercredi 14 juin, dans une petite salle aménagée spécialement, le public pourra admirer au Louvre cinq rares icônes byzantines, qui ont été récemment évacuées du musée Khanenko de Kyiv, en Ukraine, afin d’éviter les pillages et les bombardements russes. Peintes à l’encaustique (cire sur bois), ces précieuses œuvres viennent à l’origine du monastère Sainte-Catherine du mont Sinaï (Égypte). Il n’en resterait au monde qu’une dizaine de ce type, quatre d’entre elles (datées du IVe siècle ou du début du VIIe) constituant les premiers témoignages connus de l’art de l’icône ! Le musée Khanenko a également évacué avec elles onze autres œuvres sur bois, des icônes et des peintures primitives italiennes, qui sont désormais à l’abri dans les réserves du Louvre.

Une opération compliquée menée en toute discrétion

Une des œuvres d’art ukrainiennes mises à l’abri au musée du Louvre, Paris

Une des œuvres d’art ukrainiennes mises à l’abri au musée du Louvre, Paris

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© Coll. Musée Khanenko, Kyiv

Toutes sont arrivées le mois dernier, le 15 mai, sous escorte militaire, après cinq jours de voyage par la route, en passant par la Pologne et l’Allemagne. Une opération compliquée, qui a nécessité beaucoup de discrétion. Leur périple avait en réalité commencé cet hiver, lorsqu’elles avaient été exfiltrées de leur musée pour être stockées dans des réserves secrètes.

Mais les conditions de conservation dans cette cachette étaient très mauvaises : des coupures répétées d’électricité causées par les attaques ennemies y entraînaient une instabilité problématique de la température et du niveau d’humidité… Situation qui a poussé le musée Khanenko à envoyer les œuvres à Paris. Pour Olga Apenko Kurovets, conservatrice de ce musée et actuellement chargée de mission au Louvre, cette décision s’imposait. « Il ne s’agit pas seulement du patrimoine ukrainien mais du patrimoine mondial », a-t-elle souligné au micro de France Info. « Ce qui est déchirant, c’est la raison pour laquelle elles ont dû partir ».

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Le patriarche orthodoxe russe Kirill dirige un service religieux près de l’icône historique de la « Trinité » d’Andreï Roublev qui a été remise en mai dernier par le président Vladimir Poutine à la Cathédrale du Sauveur à Moscou

Le patriarche orthodoxe russe Kirill dirige un service religieux près de l’icône historique de la « Trinité » d’Andreï Roublev qui a été remise en mai dernier par le président Vladimir Poutine à la Cathédrale du Sauveur à Moscou

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Une autre icône avait récemment défrayé la chronique dans le cadre de la guerre en Ukraine : l’Icône de la Trinité d’Andreï Roublev, que Vladimir Poutine a rendue le 4 juin à l’Église orthodoxe — un geste clairement politique, qu’il avait annoncé publiquement à la mi-mai. Vieille de plus de 600 ans, l’œuvre, qui était restée aux mains de l’État russe durant un siècle et était exposée dans la galerie Tretiakov, est désormais installée dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou. Et ce malgré les avis des experts qui la jugeaient trop fragile pour être déplacée.



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