Dans la ville frontalière de Fnideq, le Maroc s’efforce de faire oublier la crise de Ceuta


REPORTAGE – Les autorités marocaines semblent pressées de tourner la page. Les candidats à l’exil, de retour de l’enclave espagnole, sont embarqués par l’armée marocaine et évacués vers l’arrière-pays. Côté espagnol, la passivité des autorités chérifiennes est clairement mise en cause.

Sur les terres pelées qui entourent Fnideq, quelques militaires marocains s’activent encore. En ce lundi matin, ils cherchent les derniers gamins qui, ces jours derniers, se sont rués en une masse excitée vers la ville voisine de Ceuta, vers l’Espagne et l’Europe. Il en reste quelques petits groupes ici et là, endormis entre des touffes d’herbe jaunie, que les soldats secouent sans trop de manières. On les regroupe et on les dirige vers de petits bus, avec une fermeté qui ne souffre pas de contestation. Personne ne tente vraiment de fuir. Une camionnette blanche, porte ouverte, circule dans les rues pentues de la ville haute. À petits gestes pressés, les policiers pressent les migrants de retour de monter à bord.

Sur le bord de la route côtière qui relie Castillejos – le nom qu’ici tous donnent à Fnideq – à sa voisine espagnole, ils sont une petite dizaine à attendre, avec un peu de crainte, cette sorte de voiture-balai. Ils le savent, la fête est finie, et, comme Samir, venu à 17 ans de…

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