Vingt ans après Fred Chichin, la chanteuse des Rita Mitsouko est décédée mardi à l’âge de 68 ans. Un jour de deuil pour les « rockeurs français », estime le journaliste Philippe Manœuvre.
Le rock pouvait être français, libre, détonnant. Dans les années 1980, l’irruption des Rita Mitsouko bouleversait le paysage musical. Au côté de Fred Chichin, Catherine Ringer se propulsait en haut de l’affiche grâce à l’inoubliable morceau Marcia Baila, de l’album The No Comprendo (1986). Benjamin Biolay ne l’a pas oublié et salue la mémoire de la chanteuse, disparue mardi à l’âge de 68 ans.
« Plus rien ne fut comme avant pour la musique française après cet album immense. Repose en paix Reine Catherine Ringer. Nous t’aimons tous fort. Tu es géniale. Le groupe le plus important de l’histoire du rock français peut se reformer », commente le musicien de 53 ans.
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Le «grain de folie» de Catherine Ringer
Sa consœur Clara Luciani lui emboîte le pas dans une autre publication : « La chanson française a perdu son unique et irremplaçable punk géniale (…) Je t’admire pour toujours ». L’interprète de La Grenade accompagne cet hommage d’une photo de Catherine Ringer et elle, improvisant un pas de danse.
C’est au « grain de folie » de Ringer que Les Francofolies de la Rochelle rendent hommage. La chanteuse s’est rendue à plusieurs reprises dans le festival, et était présente lors de la première édition en 1985 en Charente-Maritime. « Sa fidélité, son grain de folie et son amour pour La Rochelle ont marqué des générations de festivaliers et toute notre équipe », commente la manifestation.
Capture d’écran Instagram
« Les Rita Mitsouko composaient un groupe formidable, ce qu’il y avait de plus proche de Prince en France. Ils ont fait une carrière indépendante, libre, toujours avec beaucoup de cœur. Tous les rockeurs français sont touchés », commente, sur BFMTV, l’animateur et critique rock Philippe Manœuvre. On le devine ému derrière ses lunettes noires.
Emmanuel Macron, de son côté, salue la femme qui « avait fait de sa voix un théâtre et de chaque chanson une liberté ». « Elle était inclassable, irrévérencieuse, profondément française. Elle danse. Elle rayonne. Elle manquera », ajoute le président de la République qui associe à son message sur les réseaux sociaux une vidéo de Catherine Ringer chantant La Marseillaise lors de la cérémonie d’inscription de l’IVG dans la Constitution .
« Il suffisait de quelques notes pour reconnaître sa voix. De quelques secondes sur scène pour saisir cette énergie qui n’appartenait qu’à elle », juge sur les réseaux sociaux Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale. Qui brosse ainsi le personnage : « libre, audacieuse, inimitable ». La chanteuse souffrait d’un cancer, ont précisé ses proches. Pour citer Marcia Baïla, « c’est la mort qui l’a assassinée ». Encore elle.
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