Escorté par des jeunes cagoulés, le maire LFI de Saint-Denis a rejoint mardi le cortège lycéen dans les rues de capitale, où il s’est interposé à maintes reprises entre manifestants et forces de l’ordre avant d’être exfiltré.
Il est arrivé tel un héros. Presque une icône. Sur des images captées par TF1-LCI, le maire insoumis de Saint-Denis, Bally Bagayoko, drapeau français dans les mains, a rejoint mardi le cortège de la manifestation lycéenne à Paris, entouré de jeunes au visage masqué, certains entièrement cagoulés, qui avançaient avec lui en le tenant par les épaules. Derrière, le suivait une marée humaine de contestataires, sûrement galvanisés par cette figure, aux avant-postes depuis le début de la grogne.
Mais l’ambiance s’est vite tendue autour de lui. Au fil de l’après-midi, l’élu mélenchoniste s’est régulièrement posé en bouclier des manifestants face aux forces de l’ordre. Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux – plus de 3 millions de vues – le montre, en effet, les bras écartés devant des jeunes comme pour les protéger, criant en direction des policiers : «Arrêtez, reculez, vous arrêtez !», avant d’être lui-même bousculé par les agents.
L’épisode n’a pas été isolé : à la suite d’une nouvelle altercation, Bally Bagayoko a reçu du gaz lacrymogène au visage. Ses compagnons de cortège lui ont alors versé du sérum physiologique dans les yeux pour soulager la brûlure. En fin d’après-midi, l’édile élu en mars a fini par être exfiltré de la manifestation. Avant d’y revenir pour prendre le temps de remercier un par un les jeunes qui l’avaient accompagné, comme le montre une vidéo de Valeurs actuelles.
De quoi braquer une partie de la classe politique. Au vu des images saisissantes montrant Bally Bagayoko face aux policiers, le maire de Nice et président de l’UDR, Éric Ciotti, a réclamé sur CNews la «révocation» en Conseil des ministres de son homologue dionysien, qu’il accuse «d’attiser la violence alors qu’il est officier de police judiciaire et le représentant de l’État». Une demande d’autant plus urgente, à ses yeux, que si LFI arrivait au pouvoir, «nous serions immédiatement dans une dictature sanguinaire».
À mille lieues de ces critiques, Bally Bagayoko a tenu à soigner son image dans une vidéo retraçant sa journée : il s’y montre pacifiste et proche des jeunes, qui l’adulent et à qui il prodigue des conseils. En légende, l’élu LFI dénonce un usage «totalement disproportionné de la force», dont il dit avoir été témoin, face à des manifestants qui demandent «simplement à être entendus». L’occasion d’interpeller le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, pour que les consignes soient revues «avant qu’un drame ne survienne».
Aux lycéens, enfin, il lance : «Ne cédez à aucune provocation. Restez unis et non-violents !» Un appel au calme qui tranche avec ses déclarations du 29 septembre lorsqu’il avait estimé que la violence pouvait être «légitime», tout en appelant les jeunes à l’éviter. Des propos qui avaient prêté le flanc aux accusations selon lesquelles LFI non seulement alimentait, mais encourageait les débordements.
Poster un Commentaire