Au musée d’Orsay, une expo où l’art évoque la santé mentale des jeunes


« Peut-être qu’il ne se sent pas bien dans son corps… » ; « Il est peut-être fatigué… » ; « Il est en crise ». Au musée d’Orsay, devant La Solitude d’Alexander Harrison (vers 1893) ou Le Dîner, effet de lampe de Félix Vallotton (1899), des adolescents cherchent les bons mots pour décrire ce que vivent les personnages. En creux, c’est d’eux qu’ils parlent.

L’idée revient à Jad Bestautte. À l’été 2025, cette étudiante en histoire de l’art, qui aimerait se tourner vers les métiers du social, tente sa chance à Orsay Lab, l’appel à projets du musée et de l’Institut de l’engagement pour les 18–25 ans avec pour ambition d’ « apporter la culture à ceux qui pensent qu’ils n’ont pas leur place ». Sur plus de 150 candidatures, le jury retient son projet.

Un accrochage pensé par la jeunesse

L’institution cherchait justement à renouer avec cette tranche d’âge : « après l’école ou les sorties en famille, on perd un peu les 18–25 ans », reconnaît Julia Beurton, administratrice générale des musées d’Orsay et de l’Orangerie. Le sujet de la santé mentale s’impose pour une génération que le Covid a, souligne-t-elle, marquée d’un « traumatisme particulier ».

Alexander Harrison, La Solitude

Alexander Harrison, La Solitude, vers 1893

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Huile sur toile • 105 × 171,2 cm • Coll. musée d’Orsay, Paris • © GrandPalais Rmn presse / Franck Raux

Martin Hirsch, membre du jury et ancien patron de l’AP-HP, ouvre alors les portes de l’hôpital de jour de pédopsychiatrie de la Pitié-Salpêtrière. Au printemps 2026, une dizaine d’adolescents de 13 à 17 ans sont invités à découvrir les œuvres du musée d’Orsay.

« L’art permet de se sentir moins seul »

Avec les conservateurs, Jad Bestautte a choisi des pièces éloquentes. « C’est plus simple de parler quand l’émotion est directe », explique la jeune femme. Elle engage ensuite la conversation avec le groupe, enregistrée par des micros et caméras. Ce sont ces échanges que restitue la vidéo de l’accrochage.

Échos de l’invisible, salle 8C

Échos de l’invisible, salle 8C, 2026

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L’art soigne-t-il ? Le professeur David Cohen y voit, à la Pitié-Salpêtrière, un autre chemin pour dialoguer avec les jeunes patients. « L’art permet de se sentir moins seul », confirme Jad Bestautte. Pour Julia Beurton, « il éclaire le quotidien ». En 2019, un rapport de l’OMS Europe reconnaissait déjà aux arts un rôle dans la prévention et l’accompagnement des troubles mentaux.

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Échos de l’Invisible – Regards d’adolescents sur les collections du musée d’Orsay

Du 13 octobre 2026 au 3 janvier 2027
Accrochage en partenariat avec l’Institut de l’Engagement et l’hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP

www.musee-orsay.fr





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