Au musée d’Art moderne de Céret, Francis Picabia à l’heure espagnole



Il n’a jamais appartenu à personne. Pas à la peinture, pas à un pays ni à une femme, et encore moins à Dada ! Cet été, Francis Picabia (1879– 1953) se rappelle à notre bon souvenir au musée d’Art moderne de Céret avec une exposition qui restitue le rôle clé joué par la Catalogne dans son œuvre et celle de ses contemporains, de 1913 à 1924.

Le parcours s’ouvre sur la période new-yorkaise, matrice de tout ce qui suit. On y découvre les œuvres dites « mécanomorphes », l’amitié nouée avec Marcel Duchamp et Man Ray, la collaboration à la revue 291 d’Alfred Stieglitz. À l’été 1916, fuyant la guerre, Picabia s’installe à Barcelone avec Gabriële Buffet.

Un moment fondateur de l’art moderne

Il s’entoure d’un petit cercle d’artistes réfugiés (Marie Laurencin, Sonia Delaunay, Serge Charchoune) et lance la revue 391, qui porte en germe le cynisme destructeur et iconoclaste du dadaïsme. Les 19 numéros sont ici présentés intégralement, accompagnés de certaines œuvres originales qui y furent reproduites.

Motifs espagnols et avant-gardes

Ce que révèle l’exposition avec force, c’est l’écosystème foisonnant qui gravitait autour de Picabia. « C’est un moment d’émulation, presque vital, où des esthétiques très différentes se rencontrent et se répondent », souligne la co-commissaire Gwendoline Corthier-Hardoin.

Surgissent aussi des figures féminines longtemps reléguées à la marge, comme Juliette Roche, Olga Sacharoff ou Hélène Grünhoff, actrices à part entière de cette modernité où motifs espagnols et langages d’avant-garde s’hybrident sans jamais se figer. Céret en restitue parfaitement l’atmosphère, celle d’un monde en crise qui choisit la création comme terrain de résistance.

Arrow

Picabia, méditerranée. Picasso, Delaunay, Laurencin…

Du 27 juin 2026 au 29 novembre 2026

www.musee-ceret.com





Source link

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


4 + 6 =