Au Grand Palais immersif, l’IA au cœur de nocturnes spectaculaires


Ils sont douze ; douze artistes internationaux à explorer les possibles de l’intelligence artificielle, et créer avec elle des œuvres spectaculaires ou intimistes, projetées sur des écrans géants ou exploitées au sein de dispositifs interactifs. Toutes sont réunies le temps d’une exposition spéciale, car ouverte uniquement pour douze soirées, jusqu’au 8 juin, de 19h30 à 23h les jeudis, vendredis et samedis, dans la grande salle et les étages du Grand Palais immersif.

Installé dans l’Opéra Bastille, le lieu est dédié depuis son ouverture en 2022 à de grandes expositions numériques – on se souvient de « Venise révélée » ou d’« Éternel Mucha » –, mais n’avait pas encore hébergé d’exposition collective d’art contemporain. Cette première est parfaitement remarquable. Déjà, par l’ambition du dispositif, et puis par la qualité des œuvres choisies, qui offrent un face-à-face envoûtant avec des visions absolument spectaculaires, nées d’un partenariat entre les artistes et des algorithmes génératifs.

La nature pour inspiration

Markos Kay, « La fleur d’écume ». Visuel tiré du projet « aBiogenesis »

Markos Kay, « La fleur d’écume ». Visuel tiré du projet « aBiogenesis », 2024

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Vidéo et son réalisés à l’aide d’intelligences artificielles • 57 secondes • © MRK

Parmi les plus étonnantes, celles conçues par le Britannique Markos Kay restent longtemps en mémoire. L’artiste et réalisateur, qui travaille alité depuis des années à cause d’une maladie grave, s’intéresse à l’infiniment petit en se penchant sur la biologie moléculaire et la physique des particules, au point qu’il a créé en 2014 un laboratoire expérimental où se croisent les préoccupations de l’art et de la physique… Impossibles à décrire, ses œuvres se vivent comme une vertigineuse plongée dans l’invisible, et, surtout dans l’extrême étrangeté du vivant.

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Autre univers, celui d’Andy Thomas, lequel part lui aussi de la nature pour offrir un voyage visuel dans une forêt amazonienne devenue complètement abstraite, accompagné d’une bande-son rassemblant différentes espèces d’oiseaux au cœur de l’espace d’exposition… Bien connue des amateurs d’art numérique, Justine Emard propose, quant à elle, un immense voyage dans le temps en convoquant sur les murs les parois d’une grotte couverte de peintures pariétales. Celles-ci n’ont pas été filmées à Chauvet, mais entièrement créées à partir d’une base de données, dans l’idée de concevoir de nouvelles œuvres préhistoriques. Ahurissant !

Des objets trouvés et un confessionnal

Sabrina Ratté, Extrait de l’œuvre « Plane of Incidence »

Sabrina Ratté, Extrait de l’œuvre « Plane of Incidence », 2024

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Vidéo et son réalisés à l’aide d’intelligences artificielles • 3 minutes 54 • © Sabrina Ratté

Citons encore Sabrina Ratté, qui a travaillé à partir d’objets trouvés dans les rues de Montréal et de Marseille, qu’elle a numérisés puis intégrés dans des paysages virtuels, « où, explique-t-elle, ils fusionnent avec le vivant, évoluant en de nouvelles formes de vie. » Enfin, côté dispositifs immersifs, on n’oubliera pas de passer du temps au sein du confessionnal conçu par le duo Mots (composé de Daniela Nedovescu, écrivaine et productrice, et d’Octavian Mot, plasticien et réalisateur), qui invite à une rencontre plus qu’incarnée avec l’intelligence artificielle.

Un rendez-vous vraiment étonnant, qui confirme tout l’intérêt des possibles créatifs de l’IA.



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