Agroalimentaire – Danone tire les leçons du passé et présente sa nouvelle feuille de route


Une nouvelle équipe, un nouveau plan et de nouveaux objectifs : le géant alimentaire français Danone a dévoilé mardi sa nouvelle stratégie pour « se remettre dans la course », sous l’impulsion de son directeur général, Antoine de Saint-Affrique.

Mais avant la refonte, le constat. « Ces dernières années, Danone a délivré une performance insuffisante, en deçà de celle de ses catégories », a déclaré dans un communiqué Antoine de Saint-Affrique, arrivé à son poste le 15 septembre dernier.

« Aujourd’hui marque une étape importante pour Danone. Nous avons un nouveau directeur général, une nouvelle stratégie, et un objectif clair : accélérer la croissance organique afin de renouer avec la création de valeur durable », explique le président du conseil d’administration, Gilles Schnepp.

Un vent de renouveau souffle pour la maison mère des yaourts Activia et d’Evian, qui n’avait pas annoncé d’objectifs 2022 précédemment et présente ce mardi aux investisseurs sa stratégie baptisée « Renew Danone » à Evian. Le groupe s’attend à une marge opérationnelle courante en baisse cette année mais une croissance des ventes pouvant aller jusqu’à 5 %.

Danone dit escompter « une croissance du chiffre d’affaires en données comparables comprise entre + 3 et + 5 % portée par l’effet prix et une marge opérationnelle courante supérieure à 12 %, tenant compte du réinvestissement de la totalité des économies générées par le plan Local First », qui s’élèvent à « 700 millions d’euros » a indiqué la direction à l’AFP la veille, au cours d’un appel.

La marge opérationnelle courante avait baissé en 2021 à 13,7 %, contre 14 % en 2020 et 15,2 % en 2019, selon les résultats annuels publiés en février.

Le projet de réorganisation mondiale Local First, porté par l’ancien PDG Emmanuel Faber avant qu’il ne soit évincé mi-mars 2021, n’a pas été désavoué par la nouvelle direction. Ce plan prévoit la suppression de 1 850 postes dans le monde, dont 458 en France.

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Danone a dit s’attendre à « une inflation du coût des intrants comprise entre 10 et 15 % ». Au cours d’un échange téléphonique lundi soir, la direction a par ailleurs indiqué avoir « pris en compte la situation en Ukraine et en Russie ».

Une réorganisation

Choisi en mai 2021 et arrivé à ses fonctions en septembre 2021, Antoine de Saint-Affrique a débuté son mandat en admettant les faiblesses du groupe, qu’il explique par « une attention insuffisante apportée au cœur de gamme, une innovation tardive et sous-dimensionnée, une exécution irrégulière ainsi que des investissements insuffisants », tout cela ayant mené le groupe à « réunir les conditions de son propre déclin », a dit M. de Saint-Affrique lors de sa présentation aux investisseurs mardi.

« Nous devons d’abord nous renforcer là où nous sommes déjà présents, mais avons également l’opportunité de nous étendre au-delà. Ces leviers, (…) nous permettront de remettre Danone dans la course », a commenté le directeur général, présageant une nouvelle vague d’acquisitions.

La nouvelle formule de Danone va s’articuler en quatre piliers : restaurer la compétitivité, concentrer ses investissements, identifier ses axes de croissance du futur et réviser la gestion de son portefeuille.

Mais pas de changement historique en vue pour les trois divisions qui restent en place, à savoir les produits laitiers et d’origine végétale, les eaux et enfin la nutrition spécialisée. « Ces trois catégories sont alignées avec les consommateurs, on est leader et donc aucune raison de s’en séparer », a souligné la direction.

« Division par division », le géant de l’agroalimentaire entend « renforcer ses champions », parmi lesquels Evian, Activia ou encore Blédina, en « engageant une rotation active du portefeuille de marques localement », a indiqué la direction. Autrement dit, le groupe ne « s’empêchera pas » de s’alléger des activités qui ne sont plus assez rentables, confirme la direction.

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Pour le groupe, qui réalise « 91 % de son chiffre d’affaires à l’étranger », rappelle sa direction, retrouver sa compétitivité devra notamment passer par « des investissements en matière logistique », estimant devoir « retrouver de la croissance de volume ».



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