accusé par Attal de porter des «idées d’il y a 20 ans», Philippe lui suggère de «diriger ses traits vers leurs adversaires»


Invité dimanche soir de BFMTV, le candidat d’Horizons à la présidentielle promet de ne «se livrer à aucune attaque» sur une figure de «la droite et du centre» pendant la campagne.

La «primaire sauvage» porte bien son nom. Et elle ne risque pas de faiblir au cours des prochaines semaines. Engagé dans un duel fratricide avec Édouard Philippe pour le leadership du bloc central en vue de 2027, Gabriel Attal n’a pas retenu ses coups, dimanche, contre son lointain prédécesseur à Matignon. En marge de sa visite à la foire agricole de Châlons-en-Champagne (Marne), le candidat de Renaissance à la présidentielle a d’abord évoqué les «très bons rapports» qu’il entretient avec son concurrent d’Horizons. Avant de mettre en lumière les «vraies différences» qui le séparent du Normand, dont il relativise désormais le statut de «candidat naturel ou favori» de sa famille politique, au vu des derniers sondages le donnant «quasiment dans la marge d’erreur» derrière lui.

Et de pousser plus loin la critique. À 260 km du premier premier ministre d’Emmanuel Macron, présent ce 30 août à Tourcoing (Nord) à l’occasion de la rentrée de son nouvel allié Gérald Darmanin, le patron des députés EPR s’est félicité d’être «au milieu des Français», et pas «dans une réunion politique, quelque part». La preuve, à ses yeux, qu’avec son rival, ils ne sont pas «des photocopies». Aussi bien sur le fond, notamment sur le dossier explosif des retraites, que sur la stratégie politique. «L’enjeu de cette élection, ce n’est pas de recréer les partis d’il y a 20 ans avec ceux d’il y a 20 ans et les idées d’il y a 20 ans», a-t-il taclé, avec Édouard Philippe dans son viseur.


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Coïncidence notable, le maire du Havre (Seine-Maritime) a esquissé les contours d’une recomposition politique dans l’après-midi, dont la forme reste floue. S’il assure qu’«il ne s’agit pas de refaire l’UMP», l’ex-juppéiste a évoqué la création d’«un nouveau parti» ou d’«une confédération de partis». Objectif : avoir des «candidats uniques dans chaque circonscription» pour les législatives, engagés «sur un contrat de majorité» et «sous une bannière commune». Une ambition qu’il assume pleinement, quitte à mettre les choses au clair avec Gabriel Attal.

Pas de «petites attaques»

Estimant qu’«à la fin», lui et son concurrent «devront se rassembler», Édouard Philippe «propose» que «chacun d’entre (eux) dirige leurs traits sur leurs adversaires» : Marine Le Pen, «qui a un projet dangereux pour le pays», et Jean-Luc Mélenchon, qui «propose des choses difficiles à qualifier», tant «elles lui paraissent folles pour le pays». Dans cet esprit, l’ancien premier ministre suggère à Gabriel Attal de travailler sur leurs «convergences» programmatiques, qu’il considère plus importantes «dans l’effort de rassemblement» que «les petites attaques» auxquelles il «refuse» de se livrer dans «le camp de la droite du centre».

Qu’importent les piques lancées en off par les entourages et relayées dans la presse, le maire du Havre refuse de les «commenter», au risque d’attiser davantage les tensions avec l’élu des Hauts-de-Seine. «L’important, c’est que la droite et le centre se rassemblent, sous peine de ne pas être présents au deuxième tour, et de laisser les Français devoir choisir entre Madame Le Pen et Monsieur Mélenchon», insiste-t-il, laissant entendre que les déclarations offensives de Gabriel Attal nourrissent ce scénario. «Toute personne qui sortira de cette volonté de rassemblement, de cette absence de responsabilité exposerait les Français», ajoute-t-il, comme pour appuyer son sous-entendu.



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