À Villeneuve-lès-Avignon, une abbaye qui en met plein la vue


La visite n’a pas encore commencé que l’on est déjà ébloui par le paysage qui se déploie sous nos yeux. Perchée sur une colline en face d’Avignon – le mont Andaon –, l’abbaye Saint-André à Villeneuve-lès-Avignon offre un panorama exceptionnel sur la cité des Papes. Ici, le regard embrasse toute la vallée du Rhône, les Alpilles et le mont Ventoux. Entourée d’un fort qui domine le charmant village médiéval, elle se découvre loin de l’effervescence festivalière qui agite au même moment sa voisine, au rythme du chant (presque assourdissant !) des cigales.

Nichée dans l’enceinte du fort Saint-André, construit ultérieurement, l’abbaye Saint-André a connu une histoire riche qui s’étend du VIe au XXe siècles. Son palais abbatial, qui ne se dévoile, quant à lui, qu’en visite guidée, est entouré de paisibles jardins en terrasse où l’on peut même se prélasser sur des chaises longues ou siroter une boisson fraîche à l’ombre des vieilles pierres. Un enchantement hors des sentiers battus !

À gauche, vue palais abbatial depuis le jardin. À droite, vue de la terrasse de l’abbaye Saint-André

À gauche, vue palais abbatial depuis le jardin. À droite, vue de la terrasse de l’abbaye Saint-André

i

Ce qu’il faut savoir

L’origine de l’abbaye Saint-André remonte au VIe siècle, lorsque l’ermite sainte Césarie se retire dans une grotte du mont Andaon. Son culte entraîne la fondation, dans les années 980, d’une abbaye de bénédictins qui rayonne du XIIIe au XIVe siècles. Avec l’installation de la Congrégation de Saint-Maur en 1630, l’abbaye connaît une nouvelle période faste qui s’achève définitivement avec la Révolution. Transformée en hôpital militaire, elle est alors vendue à un marchand de biens qui en décide la démolition partielle… Finalement, une nouvelle congrégation s’y installe au XIXe siècle, avant que le peintre Louis Yperman ne prenne possession des lieux. Celui-ci y reçoit notamment son ami Émile Bernard, qui signe des fresques dans le palais abbatial.

Lire aussi article :  Le sacre de Diane Leyre, deux dérapages en plein défilé... Ce qu’il faut retenir de l’élection Miss France 2022 

La renaissance de l’abbaye a lieu au XXe siècle, lorsque Elsa Koeberlé, riche Alsacienne et poétesse, découvre l’endroit en 1915. Ses biens étant gelés pendant la Première Guerre mondiale, c’est l’artiste et collectionneur Gustave Fayet, qui possède déjà l’abbaye de Fontfroide près de Narbonne, qui se porte acquéreur pour elle. Dès lors, Elsa Koeberlé, bientôt rejointe par l’artiste Génia Lioubow, qui partage sa vie, consacre sa fortune à la restauration des lieux. Elles œuvrent notamment à la création d’un somptueux jardin d’inspiration italienne, avec ses bassins, ses marbres et sa pergola coiffée de glycine. À partir des années 1950, Roseline Bacou, la petite-fille de Fayet, poursuit la remise en état de l’abbaye et l’ouvre au public. Aujourd’hui encore, ses descendants prolongent cette entreprise titanesque et font vivre ce lieu unique avec passion.

Que voir cet été ?

Stéphane Erouane Dumas, Lichens jaunes I

Stéphane Erouane Dumas, Lichens jaunes I, 2019–2021

i

Huile sur toile • 180 × 210 Cm • © Jean Chenel

Après avoir flâné dans les somptueux jardins de l’abbaye sous la canicule, on se réjouit de trouver la fraîcheur de ce qui fut autrefois la cuisine des moines bénédictins ! C’est dans ce lieu chargé d’histoire, transformé en espace d’exposition temporaire, que le peintre Stéphane Erouane Dumas présente ses « Variations végétales », inspirées par ses voyages en Norvège, Finlande, Laponie et Islande. Peints à l’huile sur toile ou sur papier, les paysages de l’artiste sont des énigmes dans lesquelles le temps se fond dans la nature. Lichens et forêts de bouleaux composent cette symphonie visuelle hypnotique. Une déambulation onirique au cœur de la nature grandiose des pays nordiques.

Arrow

Abbaye Saint-André

Arrow

Retrouvez tous nos pèlerinages arty de l’été :



Source link