À Paris, le post-humanisme de Théo Viardin fascine dans une expo


Six peintures. Accrochées dans une petite pièce blanche, ouverte sur la rue par une vitrine sur laquelle on colle son front, médusé. C’est tout, mais c’est déjà pas mal pour entrer dans l’univers de Théo Viardin (né en 1992), toute jeune pousse de la peinture contemporaine. Sur ses œuvres, des êtres humanoïdes, seuls ou en duo. Leurs chairs sont rebondies, généreuses. Leurs visages « enfantins », nous dit l’artiste, presque trop mignons avec leurs grands yeux et leur petite bouche, terminent des crânes interminables, qui évoquent évidemment les créatures de la saga de films de science-fiction culte Alien.

Il y a dans ces corps et ses visages une étrange hybridité, à la fois attirante et repoussante, familière et monstrueuse. De fait, l’artiste insistera sur son goût pour le contraste. Entre le doux et le violent, le froid et le chaud, le rouge sang et le bleu glacé. Rapidement, alors qu’il nous reçoit dans la galerie quelques heures avant le vernissage, il analyse : il est guidé par la volonté d’une « mise en tension de l’histoire de l’art avec un imaginaire prospectif », intéressé par « l’anticipation » – plutôt que par la « science-fiction », dit-il, mot dont l’usage lui semble galvaudé.

Des peintures énigmatiques

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