
On l’appelle désormais « la maison Guimet ». À une minute à pied du musée Guimet, au 19 de l’avenue d’Iéna, ce vaste hôtel particulier édifié au début du XXe siècle pour la famille Heidelbach sort tout juste de plusieurs mois de rénovation, dirigés par la célèbre designer Constance Guisset, et rouvre ses portes pour la Nuit des musées, ce samedi 23 mai.
À l’intérieur, uniquement accompagné d’un guide, on découvrira les différents salons de réception du lieu sur deux étages, l’impressionnante collection de mobilier d’apparat chinois du musée Guimet et un jardin japonais avec un authentique pavillon de thé. La visite se clôture sur une dégustation de thés, et dure 1h30 en tout.
« C’est une rénovation que nous avons voulue sobre, simple, réversible, modulable », nous explique Vincent Billerey, administrateur général du musée Guimet, en amont de la réouverture. Il ne s’agissait pas de « refaire complètement » l’hôtel d’Heidelbach, mais de le « sublimer », poursuit-il, en ayant l’idée d’une « visite reposante, d’un espace où l’on prend son temps ». Constance Guisset abonde : dans sa « recherche de justesse », celle-ci n’a parfois opéré que « de petits gestes » dans les différentes pièces du site. « Il suffit parfois de presque rien pour réaménager les espaces et les rendre agréables », même si elle a entièrement repensé le salon dédié à la dégustation de thés.
Un lieu très singulier enrichi par du mobilier chinois
Si cette rénovation s’inscrit dans la continuité du passé du site, son ambition est toutefois de marquer une rupture avec son passé, et d’affirmer son identité : son billet d’entrée (18 euros pour la visite et la dégustation) donnera bien accès au musée Guimet, mais il s’agissait d’en faire un peu plus qu’une simple annexe, pour valoriser son histoire singulière, son architecture, ses collections et son atmosphère à part.
On observera ainsi avec un peu d’étonnement que la décoration des pièces, pourtant livrées en 1915, s’inspire nettement du XVIIIe siècle français ; il s’agissait pour les propriétaires, un couple d’Américains issus d’une famille juive d’origine allemande, d’affirmer son attachement à la culture française, et sa volonté d’intégration dans leur ville d’adoption, nous raconte-t-on durant la visite.
Autre (belle) surprise, la présence de ce mobilier d’apparat chinois dont les volumes ne trouvaient pas leur place dans le parcours permanent du musée Guimet : parmi les armoires massives et les vases, la collection de sublimes paravents en laque dits « de Coromandel » vaut absolument le détour, et l’on s’attarde devant la finesse de leurs décors chatoyants, qui avaient pour usage d’embellir les espaces de réception des demeures chinoises, tout en cachant à la vue les pièces plus intimes.
Des dégustation de thés et des rencontres littéraires
Dans le jardin, un charmant pavillon de thé offert en 2001 par le Japon à la France ouvre ses parois en papier de riz sur les plantations de bambous et de cerisier ; extrêmement fragile, celui-ci n’est visitable qu’à de très rares occasions, le temps de cérémonies du thé. Mais point de frustration puisque la visite s’achève sur le salon des thés, à l’intérieur de l’hôtel particulier : une pièce totalement repensée par Constance Guisset pour accueillir des dégustations ainsi que des rencontres littéraires (logique, rien ne va mieux avec une tasse de thé qu’un bon livre !).
Bon à savoir : pour la Nuit des musées, la maison Guimet ouvre gratuitement ses portes et dévoile un programme coréen tourné vers la Fête des lanternes, constitué de performances et d’une rencontre avec l’auteur Hervé Péjaudier autour du chamanisme.
Maison Guimet (Hôtel d’Heidelbach)
19 Avenue d’Iéna • 75116 Paris
www.guimet.fr
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