Le vin, il n’en hume que le parfum, mais Lassaâd Metoui s’épanouit dans l’ivresse, qu’elle soit de poésie, d’amour ou d’émerveillement des sens, à moins que les trois ne forment qu’un tout… Ainsi il va, il cherche. Des places de Florence à Venise, des rues de Vienne et de Paris, en Europe, en Afrique, en Asie, dans les livres et en lui-même… mais que cherche cet étrange flâneur ? Lui-même, peut-être.
Dans la calligraphie, Lassaâd est aujourd’hui reconnu comme un artiste majeur, mais sa pratique dépasse ce cadre pour en faire un plasticien complet. Calligraphie, peinture, performance : son art ressemble à une mosaïque qui n’a pas fini de révéler ses facettes. Il convoque la danse, la musique et la poésie. Plasticien-calligraphe, Lassaâd est surtout un philosophe des formes.
« Seul l’amour sauvera le monde »
« Ma grand-mère mangeait des morceaux de terre ! Pourquoi ? Parce que la terre est notre mère, elle nourrit l’humanité. On vient de la terre et on revient à la terre : la vie est une illusion. »
L’amour, l’artiste lui doit tout. L’amour de sa terre, l’oasis de Gabès où il est né en Tunisie. L’amour de ses parents : son père, poète et sculpteur de pierres, qui a tout quitté pour la mère de Lassaâd, artisane d’art d’une beauté éblouissante, qui a transmis à son fils la passion du roseau et des pigments naturels. L’amour d’Halima, la grand-mère paternelle, tatouée, « Halima la noire » comme on la nomme à Gabès. Elle tisse des tapis et tresse l’osier selon les méthodes ancestrales : « Ma grand-mère mangeait des morceaux de terre ! Pourquoi ? Parce que la terre est notre mère, elle nourrit l’humanité. On vient de la terre et on revient à la terre : la vie est une illusion. »
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