À Marseille, le Mucem fait face aux punaises de lit et s’explique


Depuis la semaine dernière, le Mucem est au cœur d’une étrange actualité : le fameux établissement marseillais, consacré aux civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, et réputé pour sa splendide architecture moderne, abriterait des punaises de lit

Ces insectes causant de fortes démangeaisons et des infestations tenaces avaient engendré une véritable psychose à l’automne 2023 en Île-de-France, où des témoignages faisaient craindre leur présence dans le métro et les salles de cinéma, inquiétant même les touristes étrangers. Suite à un signalement le 30 juin dernier dans ses salles, puis à une alerte le 2 juillet, le Mucem avait donc finalement annoncé à la fin de la semaine dernière la fermeture de certains de ses espaces d’exposition.

Seulement deux punaises repérées

Pierre-Olivier Costa, Président du Mucem

Pierre-Olivier Costa, Président du Mucem

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Photo Maxime Verret / Mucem

Au 5 juillet, il était assuré que la fermeture du musée n’était que partielle : deux expositions, « Paradis naturistes » et « Des exploits, des chefs-d’œuvre » resteraient ouvertes. Durant le week-end, le public aurait été au rendez-vous malgré l’inquiétude, relayée largement dans la presse. Mais dimanche 7 juillet, il a été décrété que le musée demeurerait entièrement fermé durant toute la journée du 8 juillet. Que s’est-il passé ? Où en est la situation ? Pierre-Olivier Costa, président du Mucem, a répondu à nos questions.

« Les agents étaient très inquiets en ce qui concerne la partie bureaux du musée. Même si on leur disait que les punaises de lit ne passeraient pas dans cette partie-là, ils n’y croyaient pas. On était face à un droit de retrait exercé par certains membres du personnel », explique-t-il. « Par précaution, on a donc souhaité refaire une inspection dans les bureaux, ainsi qu’un diagnostic d’experts sur la situation sur la totalité du site ».

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Une peur irrationnelle

« Contrairement à ce qu’a dit le ministère de la Culture, qui affirme qu’il s’agit du premier musée touché, je ne pense pas qu’on soit le seul établissement concerné. »

Pierre-Olivier Costa

Résultat : seules « deux punaises » ont été vues sur le site. Cependant, des chiens renifleurs ont détecté une présence éventuelle de ces insectes (non confirmée visuellement) dans les trois expositions et dans quatre bureaux – ainsi que sur trois fauteuils de l’auditorium, lors d’un deuxième passage effectué dimanche dernier, le premier passage de jeudi n’ayant rien révélé.

« Normalement, le protocole exige seulement qu’on traite les parties concernées (banc, pied de vitrine…). Mais, par mesure de précaution, et pour apaiser les inquiétudes, on a décidé de traiter l’ensemble des espaces du musée, explique le président. C’était surtout de la réassurance, pour répondre au sentiment de peur irrationnel lié aux histoires dramatiques qui ont circulé ».

À gauche, une passerelle dans le Mucem. À droite, une punaise de lit

À gauche, une passerelle dans le Mucem. À droite, une punaise de lit

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Photo Maxime Verret / Mucem. © Adobe

« On est devenu incollables sur les punaises », sourit-il. « Ce sont des insectes peureux, qui ne sautent pas sur les gens et qui peuvent rester plus d’un an sans piquer. Il y a une part de fantasme autour de ce sujet. Un agent a dit qu’il en avait ramené chez lui et qu’il était infesté, mais cela prend plusieurs semaines voire plusieurs mois pour qu’il y ait une infestation visible. D’autre part, pour qu’il y ait transmission, il faut que le site soit infesté. Or un des plus grands spécialistes des punaises de lit a décrété que le musée n’était pas infesté ».

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Des punaises venant des œuvres ?

Vendredi 5 juillet, un article publié sur le site du quotidien 20 Minutes émettait une hypothèse : et si les punaises venaient des œuvres ? Impossible, répond le Mucem ! « La conclusion de la société spécialisée dans le traitement des lieux culturels dit que c’est une arrivée humaine et pas issue de collections suspectes », a réagi Marie-Charlotte Calafat, directrice scientifique des collections du musée, dans une mise à jour de l’article, précisant que les 8 000 m² de réserve du musée font « l’objet d’une veille sanitaire préventive » avec pose de pièges, mais ne sont pas infestés. « Les punaises s’intéressent aux hommes, or il n’y a pas d’hommes dans nos réserves », tranche le président Pierre-Olivier Costa. Si ces insectes se nichent souvent dans les textiles, ils ne s’attaquent en effet pas aux textiles. Parce qu’ils se nourrissent de sang, ils se dirigent surtout vers les tissus portant une odeur corporelle, tels les vêtements et draps usagés.

« Contrairement à ce qu’a dit le ministère de la Culture, qui affirme qu’il s’agit du premier musée touché, je ne pense pas qu’on soit le seul établissement concerné, ajoute, lassé, Pierre-Olivier Costa. Simplement, de notre côté, nous avons fait un vrai effort de transparence ». Selon ses dires, tout devrait donc bientôt rentrer dans l’ordre, la réouverture administrative ayant eu lieu ce mardi 9 juillet au matin, tandis que l’ensemble du musée et des expositions rouvrira au public dès demain, mercredi 10 juillet. Et ce, on l’espère, sans la moindre punaise !



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