À l’image du service civique – Six mois de volontariat en Cuma pour renouveler les générations agricoles


Afin de susciter des vocations agricoles chez les jeunes, ruraux comme urbains, les Cuma France leur proposent depuis fin 2022 de « s’engager six mois » dans une coopérative du réseau. Un « volontariat en agriculture » sur le modèle du service civique.

Ce « volontariat agricole » de six mois en Cuma s’inscrit dans le projet de loi d’orientation et d’avenir pour l’agriculture, dont les concertations viennent de commencer. L’une de ses priorités en effet est de « renforcer l’attractivité des métiers et renouveler les générations » dans ce secteur. La Fédération nationale explique : il s’agit « de décliner le dispositif créé pour le milieu rural par InSite ». Cette association est partenaire de l’initiative, soutenue par la Direction générale de l’enseignement et de la recherche au ministère de l’agriculture.

Les volontaires auront des missions en lien avec « le développement agricole et rural, celui de l’emploi et de l’installation en agriculture ». Ils devront, entre autres, aider à mettre en relation nouveaux installés et collectifs d’agriculteurs, ou à animer des lieux agricoles et ruraux. Autre possibilité : une immersion en exploitation. Trois territoires pilotes ont été désignés en Aveyron, Pays de la Loire et Grand Est. L’hébergement est prévu « dans les communes rurales en partenariat avec les collectivités territoriales ».

Mettre en lien nouveaux installés et collectifs d’agriculteurs.

« Amener de la jeunesse et du dynamisme »

Le témoignage de Benoît Garnier, 30 ans, chauffeur pour la Cuma La voie verte à Loyat (Morbihan),peut par exemple donner envie à des jeunes de s’engager dans ce volontariat. Son arrivée a en effet impulsé une nouvelle dynamique au sein de la structure. « Après pas mal de départs en retraite, c’était un peu le flou, il y avait besoin de ramener de la jeunesse », explique le jeune homme. Le matériel, lui aussi, était « vieillissant ». « On a réinvesti dans de nouveaux équipements, on a repris l’entretien en main et redonner du dynamisme au groupe », se réjouit-il.

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Les atouts des Cuma : entraide, échange, prise de responsabilités…

Ce petit-fils d’éleveurs laitiers s’en est rendu compte pendant ses études : « les machines l’attiraient davantage que l’élevage ». Il avait « tout à apprendre et s’est formé sur le tas » au fil des années. Très vite cependant, il a vu les « avantages de travailler en Cuma : la solidarité, l’échange, l’autonomie, la prise de responsabilités et d’initiatives ». « On offre aux adhérents de la réactivité pour leurs chantiers », ajoute Benoît. D’abord seul, il fait désormais équipe avec un apprenti motivé, avec lequel il est à la fois complice et complémentaire, et s’investit à fond. 

Comme pour le volontariat rural, si près d’un quart des jeunes s’installaient ?

Les premiers résultats du volontariat rural mis en place par InSite sont prometteurs : « 22 % des jeunes impliqués pendant six mois dans un village, au niveau culturel, social ou environnemental, restent sur place après leur mission, soit parce qu’ils trouvent un emploi dans la continuité de la mission soit parce qu’ils choisissent de s’installer sur le territoire », révèle l’étude d’impact 2021-2022 réalisée par l’association. 70 communes et 77 projets ont été ainsi accompagnés, et 36 villages ont accueilli des volontaires (57 d’entre eux dans le cadre d’un « Erasmus rural »).

La FNCuma souhaite que « cette expérimentation débouche sur la création d’un système d’engagement propre à l’agriculture dans le Code du service national ». Derrière, elle espère « ouvrir le service civique aux groupes d’agriculteurs, et le volontariat aux plus de 25 ans qui envisagent une reconversion professionnelle ». « C’est un retour à nos racines, nous qui avons accueilli en leur temps les objecteurs de conscience, qui ont bousculé et fait avancer le mouvement Cuma, commente Pierre Supervielle, secrétaire général adjoint. Le défi de renouveler les générations agricoles ne peut se faire sur le seul périmètre de notre secteur. Nous devons être imaginatifs et sortir des cadres. »

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Pour attirer des jeunes : être imaginatif et sortir des cadres.

Pour Thibault Renaudin, fondateur il y a cinq ans d’InSite et délégué général, « ce projet est en adéquation parfaite » avec l’objectif de l’association : « venir en aide aux acteurs des territoires ruraux en mobilisant de l’ingénierie et des ressources humaines », sachant que « la question agricole est au centre de leurs préoccupations face aux défis du changement climatique, du renouvellement des générations, de la souveraineté alimentaire… » 



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