À la MEP, Thomas Mailaender, le mangeur d’images


Dans un monde où l’on vante le yoga, la méditation et le jeûne, Thomas Mailaender s’autorise la profusion, l’excès, voire l’énorme, et fait une proposition d’exposition qui balance entre la « fun fair » (la fête foraine), la grande brocante et le potlatch (où chacun apporte quelque chose).

Les images qu’il présente sur les deux étages de la Maison européenne de la photographie (MEP), à Paris, prennent possession des murs au gré d’installations immersives, se figent dans de la céramique ou de la résine, flottent sur la voile d’un bateau échoué dans le jardin de l’institution, se partagent, s’échangent…

Des photos anodines, bambochardes, idiotes

Thomas Mailaender, Totem 3

Thomas Mailaender, Totem 3, 2017

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Techniques mixtes • Coll. particulière • © Thomas Mailaender

En proposant une carte blanche à cet artiste connu pour son approche rabelaisienne de la photographie, Simon Baker, commissaire de l’exposition, a été amené à rompre avec un mode économe de présentation pour laisser libre cours à une marée d’images, celle qui a été produite par l’homme depuis près de deux siècles. Car c’est ce flux qui fascine Thomas Mailaender depuis plus de 20 ans, cette manne dans laquelle il glane aussi bien des objets physiques – tirages, albums, artefacts liés à la photo – chinés dans des brocantes et des marchés aux puces que des images digitales extraites des tréfonds (voire des bas-fonds) du web, qu’il fait migrer vers le livre d’artiste et, surtout, vers des objets baroques ou insolites.

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