
C’est probablement l’œuvre la plus connue de Jean Dubuffet (1901–1985) : L’Hourloupe, élaborée à partir de 1962 et jusqu’en 1974, travail prolifique aux nombreuses ramifications, unit tous les arts et incarne la faculté de l’imaginaire à conquérir le réel.
Cette œuvre naît d’abord sur le papier, avec de premiers dessins au stylo-bille de figures griffonnées alors que Dubuffet est au téléphone. Il les édite sous la forme d’un livret intitulé L’Hourloupe, titre inventé à partir de consonances de mots issus de contes et de nouvelles : « hurler », « hululer », « loup », Riquet à la houppe, Le Horla…
Redessiner les contours de la réalité
Mais l’aventure est loin d’être finie et cet univers graphique agité, grouillant de vie, aux lignes sinueuses et hachurées, gagne ensuite la troisième dimension avec de monumentales sculptures et reliefs. Ils forment bientôt un décor immersif à l’architecture stylisée, immédiatement identifiables avec leurs traits noirs, rouges et bleus qui redessinent les contours de la réalité pour mieux la réinventer.
Du tableau à la scène
Il s’agit bien, comme l’exprime l’artiste, d’« habiter les images ». Et ce n’est pas fini : Jean Dubuffet poursuit les métamorphoses de L’Hourloupe en un « tableau animé ». Le bien nommé Coucou Bazar est un monde en mouvement, associant la peinture à une musique « discordante et cacophonique » et une chorégraphie assurée par des modules sculptés et des costumes dans un spectacle qui ne vivra que trois représentations.
Le parcours se conclut avec La Closerie Falbala, « chambre d’exercice philosophique » qui plonge les spectateurs et spectatrices dans un espace méditatif intemporel délicieux.
Jean Dubuffet. La houle du virtuel (1962-1974)
Du 31 mai 2026 au 20 septembre 2026
Palais des arts et du festival • 2 Boulevard Wilson • 35800 Dinard
www.ville-dinard.fr
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