Ce samedi, des manifestants se sont rassemblés par milliers après le rejet par les députés d’une série de mesures présentées par le gouvernement et l’expulsion de son logement d’une octogénaire à Madrid.
Des dizaines de milliers de manifestants ont commencé à défiler samedi pour le droit au logement à Madrid et dans d’autres villes espagnoles, au lendemain du rejet par les députés d’une série de mesures présentées par le gouvernement, ont constaté des journalistes de l’AFP. Ces défilés, qui étaient prévus avant le vote de vendredi, s’inscrivent dans le cadre de la crise ouverte il y a une dizaine de jours par l’expulsion de son logement madrilène d’une octogénaire, devenue le symbole de la crise du logement qui frappe l’Espagne depuis plusieurs années.
À Madrid, où un campement rassemble une centaine de militants depuis une semaine sur une place ultra-touristique, plusieurs cortèges, marchant derrière une large banderole «Vers la grève générale», doivent converger vers une autre vaste place du centre-ville. «Ce qui se respire dans les rues, c’est une nouvelle énergie, une énergie que nous n’avions pas vue depuis longtemps, une énergie qui vient démontrer que huit jours de pouvoir populaire sont capables de faire bien plus que huit ans de gouvernement progressiste», a déclaré, dans une pique à l’adresse du gouvernement de Pedro Sanchez, Valeria Racu, une des porte-parole du syndicat de locataires à l’origine du mouvement, dans une déclaration transmise à la presse.
Élections anticipées éventuelles
«C’est maintenant que commence la vraie politique, la politique qui a toujours appartenu au peuple et qui revient une bonne fois pour toutes dans les rues», a-t-elle ajouté. «Et pour y parvenir, pour y parvenir par la base, pour parvenir par la base à en finir avec le business du logement, nous voulons récupérer cet outil historique qu’ont toujours utilisé les gens qui travaillent pour transformer la réalité : la grève générale».
Le rejet des textes portés par le gouvernement, vendredi, a relancé les interrogations sur la fin de la législature, prévue en 2027. D’après la presse espagnole, le Premier ministre s’est donné quelques jours pour évaluer la situation et convoquer, ou non, d’éventuelles élections anticipées. Dans l’hémicycle, Pedro Sánchez a cherché vendredi jusqu’au bout à obtenir une majorité, sans succès : le Parti populaire (droite), Vox (extrême droite) et Junts (indépendantiste catalan) ont voté contre les deux textes du gouvernement.
Expulsion d’une octogénaire
La crise actuelle a été déclenchée par l’expulsion, la semaine dernière, de Maricarmen Abascal, une Madrilène de 87 ans, chassée de l’appartement dans lequel elle vivait depuis sept décennies, après que la société immobilière qui l’avait acheté a voulu augmenter son loyer de 275 %. Comme dans de nombreuses capitales européennes, le manque de logements abordables est l’un des principaux problèmes sociaux en Espagne, où les plateformes touristiques comme Airbnb et les fonds d’investissement sont accusés de faire flamber les prix en achetant des biens immobiliers et en réduisant l’offre pour les habitants. D’après la Banque d’Espagne, le pays, où vivent quelque 50 millions d’habitants, compte un déficit de 700.000 logements.
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