À travers son déplacement Outre-Atlantique, aux côtés du premier ministre canadien Mark Carney, le président français entend faire front face aux ambitions territoriales de Donald Trump.
Saint-Pierre-et-Miquelon est un territoire français, «c’est une évidence», a déclaré samedi Emmanuel Macron à son arrivée sur place pour une visite de deux jours, en réponse à une question sur une carte publiée par Donald Trump et ayant fait polémique. «On ne va pas (l’)affirmer tous les matins parce que des gens ont des idées étranges ou disent des choses étranges», a ajouté le président français. Le président américain avait suscité la polémique au début du mois en publiant une carte couvrant du drapeau des États-Unis toute l’Amérique du Nord, dont le petit archipel français.
Le président accueillera dimanche le Premier ministre canadien Mark Carney à Saint-Pierre, une première dans l’histoire locale, à quelques kilomètres des côtes canadiennes et quelques jours de mer du Groenland, nouvel enjeu stratégique autour de l’Arctique. «Ça envoie un message fort», a-t-il souligné, face à un président américain tonitruant qui considère cette partie du monde comme sa chasse gardée et menace régulièrement d’annexer le Canada, auquel il livre une guerre commerciale sans merci.
Donald Trump semble avoir au moins provisoirement mis un terme vendredi à ses visées sur le Groenland en concluant un accord avec le Danemark de «sécurité» sur ce territoire autonome du Royaume. «La souveraineté danoise est respectée, le droit international est respecté (…) tout ce qui va dans le sens de l’apaisement est une bonne chose», a réagi Emmanuel Macron en se refusant à commenter une éventuelle «reculade» du président Trump.
Beaucoup d’attentes
À la recherche d’autres sources d’approvisionnement en pétrole face à la flambée des prix provoquée par la guerre au Moyen-Orient, M. Macron espère aussi trouver auprès des Canadiens, gros producteurs, des solutions alternatives. Il a notamment souhaité que «plus de gaz liquéfié (canadien) aille vers la façade atlantique» et donc l’Europe et mis l’accent, plus largement, sur de nouvelles «perspectives de coopération» avec le Canada.
Mark Carney revient de son côté tout juste de Strasbourg où il a acté jeudi un rapprochement majeur entre son pays et l’Union européenne, déclenchant au passage une nouvelle colère du président américain qui a promis de riposter à coups de sanctions.
Le chef de l’État va tenter aussi de répondre aux attentes de ce petit archipel de 5.800 habitants miné par la fin de l’âge d’or de la pêche à la morue, qui conjugue vie chère, déclin démographique et menace climatique. Cela devrait se traduire par des annonces sur plusieurs dossiers sensibles, du déplacement du village de Miquelon, menacé par la montée des eaux, à la réhabilitation du port de Saint-Pierre, dont certains quais menacent de s’effondrer.
Le déménagement de Miquelon, un chantier titanesque à l’échelle de l’archipel, s’apprête à entrer dans sa deuxième phase, qui nécessite 25 millions d’euros, selon les élus locaux. Pour l’heure, une douzaine de maisons ont été construites sur un nouveau site plus en hauteur, à 1,5 kilomètre de là, pour échapper à la montée des eaux. Mais le projet s’annonce long et il est loin de faire l’unanimité.
Poster un Commentaire