À l’approche de la présentation de la copie budgétaire du gouvernement, Sébastien Lecornu a sommé certains de ses ministres d’entamer des discussions avec les chefs de groupe à l’Assemblée nationale et au Sénat. Sans surprise, les Insoumis ne s’y rendront pas.
Le gouvernement s’apprête à rentrer dans le dur. À la fin du mois, il présentera sa copie budgétaire au Parlement. Pour préparer ce budget hautement inflammable, à sept mois de l’élection présidentielle, Sébastien Lecornu a chargé quelques-uns de ses ministres d’établir des discussions avec les différents chefs de parti à l’Assemblée et au Sénat. «Je vous confirme, nous avons reçu l’invitation, nous n’irons pas», a rétorqué ce mardi la patronne des députés de La France Insoumise (LFI), Mathilde Panot, sur Franceinfo.
Ces échanges seront chapeautés par le ministre des Comptes publics, David Amiel, celui des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous ainsi que par Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail. À cette offre, l’élue Insoumise réplique : «Nous n’avons rien à discuter, rien à négocier». Et martèle que «le débat doit avoir lieu à l’Assemblée nationale». Le parti de Jean-Luc Mélenchon a déjà annoncé qu’il voterait la censure «quoi qu’il arrive». Pour lui, c’est la «seule manière d’empêcher le gouvernement de connaître des méfaits supplémentaires». Le gouvernement, qui est à la recherche de 30 milliards d’économies, compte cibler les retraités. Deux pistes sont envisagées : l’absence de revalorisation des pensions de retraite sur l’inflation ou la suppression de l’abattement fiscal de 10% sur les retraités.
Le RN préfère un «budget imparfait»
«Nous ne participerons d’aucune manière à sauver la macronie», a encore cinglé Mathilde Panot. Du côté des autres forces politiques, la porte reste plus ouverte. Tous gardent à l’esprit que dans la perspective de l’élection présidentielle, l’absence de budget les pénaliserait. Le Parti socialiste (PS), qui avait sauvé le gouvernement l’an dernier au détriment de la réforme des retraites, hésite encore sur la censure. Quant au Rassemblement national (RN), le parti a semblé donner du répit au gouvernement ce week-end. Depuis Le Touquet (Pas-de-Calais), où elle réunissait ses parlementaires, Marine Le Pen a assuré qu’elle préférait un budget «imparfait», plus facilement modifiable en cas d’accession à l’Élysée, qu’une loi spéciale.
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