L’été 2026 «restera dans l’histoire» en France, a confié la ministre de la Transition écologique ce jeudi avant d’appeler à «être à la hauteur des enjeux».
L’été 2026, marqué par des canicules, sécheresses et incendies géants, «restera dans l’histoire», a insisté jeudi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. «Nous avons vécu l’été le plus chaud jamais enregistré depuis le début des mesures en 1900» en France, a-t-elle déclaré lors de la présentation du bilan climatique de l’été, qui pour les météorologues court de juin à août, au siège de Météo-France à Saint-Mandé, près de Paris.
Cet été aurait été «quasi impossible sans le changement climatique», a pour sa part affirmé Virginie Schwarz, PDG de Météo-France. «Mais c’est aussi un été qui reste rare, même dans le climat actuel déjà réchauffé» avec 5 degrés d’écart par rapport à un été moyen de la période préindustrielle dont +2,4 °C directement imputable au changement climatique.. «Un écart considérable», selon elle.
45% du territoire a connu les 40°C
La chaleur n’a épargné aucun territoire. La France a notamment enregistré un nombre de jours en vague de chaleur «inédit» (53 jours). 45% du territoire a connu au moins une fois une température maximale supérieure ou égale à 40 degrés. Ce seuil a été dépassé 178 fois au cours de la saison dans les différentes stations d’observation réparties sur le territoire métropolitain. C’était deux fois moins en 2003 par exemple.
Les océans aussi ont connu des records, avec des écarts par rapport à la normale qui se situent «entre plus 2 degrés pour la Manche et plus 2,8 degrés pour la Méditerranée», selon Virginie Schwarz.
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Les trois derniers mois ont été marqués par un déficit de pluie quasi généralisé, avec 40% de déficit de précipitation par rapport aux normales. «Cela en fait le deuxième été le moins pluvieux depuis 1959», selon la patronne de Météo France. Cette saison extrêmement sèche vient après un hiver en revanche très arrosé, avec un excédent de précipitation de 35%. «Ce qu’on attend malheureusement avec le changement climatique, des pluies plus intenses, plus fortes en hiver, avec des risques d’inondations et un fort déficit de précipitation en été.»
Avec la sécheresse vient le risque d’incendie: fin août, les feux de forêts avaient déjà brûlé six fois plus de surface par rapport à la moyenne des vingt dernières années, a indiqué la ministre.
L’été 2026 «restera dans l’histoire. Mais la question est de savoir de quelle manière, a-t-elle poursuivi. Comme le premier d’une longue série qui continuera à battre des records. Ou comme un moment qui nous aura permis d’être à la hauteur des enjeux d’adaptation et d’atténuation», c’est-à-dire de baisse des émissions de gaz à effet de serre. Si elle a assuré que «personne n’était mieux préparé que nous» en Europe, Monique Barbut a appelé à un «électrochoc». Elle a pour sa part été chargée fin juillet par le Premier ministre Sébastien Lecornu de présenter, non pas un nouveau plan d’adaptation, mais de nouvelles mesures sur lesquelles concentrer les efforts pour «accélérer» la mise en œuvre de ce plan. Elle a promis jeudi des conclusions d’ici la fin du mois de septembre, avec un plan de financement sur les cinq prochaines années.
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