
En quinze ans, le Pavillon populaire de Montpellier s’est imposé dans le paysage de la photographie en France comme une institution de référence. Avec ses expositions inédites, à la fois érudites et grand public, le lieu, gratuit, attire près de 100 000 visiteurs par an. Jusqu’en 2024, Gilles Mora, grand historien de la photographie et expert de la scène américaine, y a orchestré une programmation de haut vol, alternant monographies et présentations thématiques.
Depuis janvier dernier, Luce Lebart a repris la direction artistique du Pavillon, en régie municipale. Elle hérite d’un lieu joliment rénové après un an de travaux, qui se dresse sur une esplanade flambant neuve. Derrière sa façade néo-Renaissance de pierre blonde, l’élégant bâtiment, qui a longtemps servi d’annexe au musée Fabre, abrite de vastes espaces, répondant désormais aux normes de conservation les plus strictes.
Une approche généreuse
« Je suis très animée par le désir de partager une relecture de l’histoire de la photo qui permette de montrer du documentaire, de la photo artistique, de mode, de famille, astronomique. »
Luce Lebart
« Grâce à cette rénovation, nous pouvons montrer des œuvres historiques extrêmement précieuses, comme les premiers daguerréotypes de Daguerre ou une héliographie de Niépce de 1826, quand les expositions passées couvraient essentiellement la seconde partie du XXe siècle », se félicite Luce Lebart, heureuse de revenir dans la ville « hyper active en matière de culture » où elle a fait ses débuts.
Forte d’un parcours de plus de 40 expositions en France, celle qui codirige aussi depuis 2022 le festival italien Fotografia Europea a pour habitude de considérer la photographie sous tous ses usages. « Je suis très animée par la question de l’accessibilité et le désir de partager une relecture de l’histoire de la photo qui permette de montrer du documentaire, de la photo artistique, de mode, de famille, astronomique. » Avant de proposer une vision novatrice du photographe humaniste Lucien Hervé en fin d’année, l’exposition qu’elle signe pour inaugurer son mandat est caractéristique de cette approche généreuse du médium.
La première microphotographie de puce
L’exposition « Premières fois / Premières photos » est une exploration inédite de la question : « Qu’est-ce qu’une image première ? Une preuve, un test, un exploit, un échec, un événement, un souvenir, ou encore un déclencheur ? » Pour y répondre, Luce Lebart orchestre un voyage à travers 200 ans de grandes et petites innovations photographiques : des scoops, des clichés jamais vus, des brevets, « mais aussi la première microphotographie de puce, issue des collections de l’Hérault que j’aimerais valoriser, ou la première radiographie de hamster tchèque ».
Et bien sûr des essais pionniers, comme les premiers cyanotypes inventés par Anne Atkins dès 1843 en déposant des algues marines sur du papier photosensible. Cette sublime série ouvre aussi le catalogue, une somme de réflexions et d’images qui nourrira pour sûr les imaginaires en cette année du bicentenaire de la photo. « Ce projet, c’est une traversée du temps : au fil du parcours, dont on présente une version à hauteur d’enfant, on remonte vers les images des origines, ces images de l’univers primordial captées par les télescopes Hubble et James Webb. » Naissances d’étoiles et de galaxies composées de la même matière dont est fait l’homme, comme la science l’a montré.
Premières fois / Premières photos. Mille et une inventions de la photographie
Du 1 juillet 2026 au 1 novembre 2026
pavillon-populaire.montpellier.fr
Pavillon Populaire • 34000 Montpellier
www.montpellier.fr
Poster un Commentaire