Augustin Lesage (1876–1954) en bref
Mineur de fond devenu peintre à 35 ans après avoir entendu, au fond de la mine, une voix lui prédire sa vocation, Augustin Lesage a réalisé près de 800 toiles qu’il disait dictées par les esprits. Autodidacte absolu, cette figure fondatrice de l’art brut anticipe à sa façon l’abstraction et le surréalisme.

Augustin Lesage en tenue de mineur, vers 1925
Photo Nicolas Dewitte / LaM
Il a dit
« C’est de l’art de l’au-delà, cela ne vient pas de moi. »
La vie d’Augustin Lesage en quelques dates
Le fond de la mine
Né le 9 août 1876 à Saint-Pierre-lez-Auchel dans le Pas-de-Calais, Augustin Lesage grandit dans une famille de mineurs. À quatorze ans, son certificat d’études en poche, il descend à son tour à la mine. Rien ne le prédispose à l’art lorsqu’en 1911, seul dans une galerie, il entend distinctement une voix lui annoncer : « Un jour, tu seras peintre ».
L’initiation spirite
En quête d’un guérisseur pour son dos, il se laisse gagner par le spiritisme. Ambroise Leconte, un camarade initié à la métaphysique, lui sert d’intermédiaire. C’est à l’Institut des forces psychosiques de Sin-le-Noble que les coups d’un esprit frappeur le consacrent médium. Sous cette dictée, il trace aux crayons de couleurs des dessins non figuratifs que guiderait la main de sa sœur, morte à l’âge de trois ans. Bientôt, les esprits lui ordonnent de passer à l’huile : sur une toile de neuf mètres carrés, il exécute pendant plus d’un an sa première peinture.
Guérisseur et soldat
Tout en restant mineur, il pratique la guérison à Béthune dès 1913, ce qui lui vaut d’être poursuivi pour exercice illégal de la médecine, puis acquitté en 1914. Mobilisé durant la guerre, il ne se consacre tout entier à la peinture qu’en 1923.
Des toiles qui attirent l’attention d’André Breton
En 1921, Jean Meyer, qui dirige La Revue spirite et a fondé l’Institut métapsychique international, flaire son talent et devient son mécène. En 1925, c’est lui qui présente ses toiles à la Maison des spirites parisienne qu’il a créée, puis lors du Congrès spirite international. En 1927, Lesage peint en public à l’Institut, sur invitation de son directeur, le médecin Eugène Osty, tandis qu’André Breton, chef de file des surréalistes, s’enthousiasme pour son cas.
L’influence égyptienne
Dès le milieu des années 1920, les motifs égyptiens envahissent ses toiles ; veine orientaliste qu’accentuent des voyages au Maroc et en Algérie. Mais c’est l’Égypte, parcourue en 1939, qui le bouleverse. Il se croit la réincarnation d’un peintre de tombeau pharaonique : devant la sépulture de Menna, la légende lui prête un puissant sentiment de déjà-vu.
Consacré par Dubuffet
Malgré une vue défaillante, il peint presque jusqu’à sa mort, le 21 février 1954. Jean Dubuffet, artiste et inventeur du concept d’art brut, l’intègre à sa collection dès 1948. Ses œuvres rejoindront la Collection de l’art brut de Lausanne.
Ses œuvres clés
Sans titre (période médiumnique des débuts), 1912

Augustin Lesage, Sans titre, 1912
Craie grasse et crayon de couleur sur papier • 36,2 × 52,1 cm • Coll. LaM, Villeneuve d’Ascq • Photo Nicolas Dewitte / LaM
Un des tout premiers dessins « dictés ». Encadrée de bandes festonnées, la feuille se couvre d’une graphie spiralée et ondulée où s’enroulent boucles, ovales et formes dentelées, sur un fond de points colorés. Rien n’y est prémédité : la main, que le mineur disait guidée, sature la surface motif après motif.
Composition symbolique sur le monde spirituel, 1923

Augustin Lesage, Composition symbolique sur le monde spirituel, 1923
Huile sur toile • 158,5 × 117 cm • Collection de l’Art Brut, Lausanne • Photo Claude Bornand
Au sommet de sa période « classique », il ordonne la toile autour d’un axe médian d’une symétrie parfaite. Coupoles, tourelles et rosaces minuscules dressent un temple imaginaire qui se découpe sur un fond laissé nu.
Les Mystères de l’Antique Égypte, 1930

Augustin Lesage, Les Mystères de l’Antique Égypte, 1930
Huile sur toile • 143 × 113 cm • Coll. LaM, Villeneuve d’Ascq • Photo Claude Thériez
Témoin du tournant égyptien de l’artiste, la toile déploie, sous une frontalité hiératique, figures et hiéroglyphes en registres superposés, empruntés aux revues archéologiques de son temps autant qu’à ses prétendues réminiscences des vies antérieures.
2ème Biennale des Arts Visuels : Les mondes invisibles d’Augustin Lesage à aujourd’hui.
Du 23 mai 2026 au 15 novembre 2026
À la Chapelle Saint Pry de Béthune, à la Cité des électriciens de Bruay-La-Buissière, ainsi qu’à Auchel, Burbure et Ferfay.
Labanque • 44 Place Georges Clémenceau • 62400 Béthune
www.lab-labanque.fr
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