À l’issue du premier débat présidentiel organisé par le Medef, la candidate nationaliste a déclaré jeudi soir que le parti nationaliste «continuera à avoir beaucoup de contacts avec les chefs d’entreprise».
Fait-il les frais des divergences de ligne entre Marine Le Pen et Jordan Bardella ? Quelques heures après que Le Figaro a révélé la décision de François Durvye, conseiller spécial et économique du président du Rassemblement national (RN), de quitter le navire de la campagne présidentielle de la députée du Pas-de-Calais, l’intéressé joue le détachement. À la limite de l’indifférence. «Je l’ai souhaité (son départ), donc je ne le déplore pas», a fait savoir la figure nationaliste au micro de BFMTV, ne souhaitant pas «s’étaler» sur le sujet à l’issue du premier débat de 2027 organisé par le Medef.
Reste que, si François Durvye est peu connu en dehors du sérail politique, il occupait une place stratégique au sein du parti à la flamme. Conseiller de Marine Le Pen depuis 2021, avant de prendre du galon en avril dernier après sa nomination par Jordan Bardella, ce polytechnicien libéral de 43 ans jouait surtout les entremetteurs entre le RN et les milieux d’affaires. Facilitant ainsi la normalisation du mouvement à la flamme auprès des entrepreneurs. Alors, est-ce un coup dur pour la quadruple candidate à l’Élysée, elle qui s’est mise un point d’honneur à «dédiaboliser» le RN depuis une quinzaine d’années dans toute une série de secteurs ? Et à tisser sa toile chez les grands patrons initialement hostiles au parti nationaliste ?
Pas du tout, assure-t-elle : «Nous avons beaucoup de contacts avec les chefs d’entreprise et nous continuerons ainsi parce qu’ils sont importants dans notre pays pour la création de richesse.» «Une création de richesse qui est absolument nécessaire pour le maintien d’un système de protection sociale efficient», a balayé Marine Le Pen, peut-être soulagée par le départ de ce profil qui avait agité le RN en souhaitant supprimer – comme Jordan Bardella – toute référence à l’âge lorsqu’il avait travaillé sur une réforme des retraites. De quoi braquer plusieurs cadres du RN proches de la double finaliste de la présidentielle, très attachés au choix fait par leur championne depuis 2022 de maintenir un âge légal de départ à 62 ans et une durée de cotisation de 42 annuités pour les carrières commencées à partir de 25 ans.
Un soulagement que semble exprimer aussi François Durvye. Moins aligné sur la fibre étatiste et sociale de la cheffe des députés RN que sur celle, pro-business, de Jordan Bardella, cet ancien patron d’Otium Capital, fondé par le milliardaire libéral et conservateur Pierre-Édouard Stérin, l’assume sans ambages : il n’aurait pas su défendre auprès des milieux économiques des idées dans lesquelles il ne croit pas.
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