les deux réalisateurs français détenus sont «en règle» et l’un d’eux est malade, assure leur société de production


Les deux hommes ont été arrêtés «il y a trois semaines dans le nord du Togo, lors d’un tournage pour l’émission “Les routes de l’impossible”», une série documentaire diffusée sur France télévisions, selon Patrice Lucchini, directeur général de Tony Comiti Productions.

Les deux réalisateurs français détenus au Togo avec un collaborateur local sont «en règle», a assuré mercredi à l’AFP la société de production avec laquelle ils travaillent, précisant que l’un d’eux est malade. Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, qui étaient partis tourner un épisode de l’émission «Les routes de l’impossible», une série documentaire diffusée sur France Télévisions, ont été arrêtés le 27 juillet, avec un fixeur togolais, «collaborateur de médias à ce titre», Fred Vedomey, a annoncé RSF dans un communiqué publié mardi.

D’abord assignés à résidence, «ils ont été placés en détention provisoire et inculpés pour “fausses déclarations” le 17 août», selon les informations de RSF. Les trois hommes «sont privés de liberté et retenus au camp d’Agoè Logopé, près de Lomé – une installation des forces de l’ordre située dans le quartier éponyme», ajoute l’organisation de défense des droits des journalistes. Le directeur général de RSF, Thibaut Bruttin, a appelé à «leur libération immédiate».


Passer la publicité

Patrice Lucchini, directeur général de Tony Comiti Productions, a de son côté indiqué que l’arrestation a eu lieu «du côté de Kara, où ils ont dépassé une zone» qui leur avait été conseillée. Mais «on est en règle», assure-t-il, précisant que les réalisateurs «ont obtenu une autorisation de tournage» et «déclaré leur matériel à la douane». «Cela ne vaut pas une mise en détention», dit-il, se déclarant «inquiet».

Pas de demande d’accréditation selon les autorités togolaises

Le régulateur togolais des médias a toutefois affirmé mercredi soir dans un communiqué qu’il «n’a été saisi d’aucune demande d’accréditation concernant ces deux personnes, ni par France Télévisions, ni par les intéressés eux-mêmes, comme le prévoient les textes».

La Haute autorité de régulation de la communication écrite, audiovisuelle et numérique (HARC) togolaise assure ne pas avoir été «informée de l’arrivée sur le territoire des deux personnes dont elle ignore le statut professionnel, ni des activités de tournage qu’elles devraient mener, notamment dans la partie septentrionale du pays». Elle estime que la justice doit déterminer «les circonstances de la présence des intéressés sur le territoire national, la nature de leurs activités ainsi que, le cas échéant, les faits qui leur sont reprochés».

Depuis fin 2021, l’extrême nord du Togo, à des dizaines de kilomètres de Kara, est en proie à des incursions de djihadistes présents de l’autre côté de la frontière, au Burkina Faso, miné par les attaques de groupes liés à Al-Qaïda et au groupe État islamique. Les autorités ont instauré l’état d’urgence l’année suivante dans une région du nord et l’ont prolongé à plusieurs reprises, la dernière fois en février pour une durée d’un an.

«Urgence humanitaire»

«Leurs caméras, passeports et rushes ont été confisqués», ainsi que «leurs téléphones», a ajouté M. Lucchini. «Leur garde à vue a duré une dizaine d’heures» puis «ils ont été mis à l’hôtel sous haute surveillance», pendant «une dizaine de jours», a-t-il poursuivi. «Ils ont été accusés d’espionnage au début puis l’accusation a été enlevée» et «ils ont récupéré leur matériel», avant d’être «de nouveau interrogés», a-t-il détaillé. Il rapporte que les deux hommes ont ensuite été «transférés à Lomé», où ils ont été présentés devant le parquet «qui a ordonné un mandat de dépôt».


Passer la publicité

Par ailleurs, l’un des deux hommes «est malade» et «risque une septicémie», une infection grave de l’organisme, indique M. Lucchini, citant le «rapport d’un médecin togolais», qui doit leur rendre visite une nouvelle fois mercredi après-midi. «On ne peut pas l’opérer à Lomé, on doit l’opérer en France», dit-il, évoquant une «urgence humanitaire».

Les familles des deux victimes ont aussi pris la parole via Reporters sans Frontières : «nous sommes bouleversés par la privation de liberté que subissent au Togo nos compagnons, nos pères, nos fils et nos frères» et «notre inquiétude est immense, notamment pour leur santé». «Sebastian souffre de graves problèmes de santé, nécessitant une prise en charge immédiate. Tous les deux sont pères de famille, et l’un de leurs enfants n’a que 13 ans», ajoute RSF.

Les réalisateurs ont pu recevoir trois visites consulaires, a indiqué mardi le ministère français des Affaires étrangères. «Les services du ministère, à Paris et à Lomé, sont pleinement mobilisés pour s’assurer de leurs conditions de détention, de leur état de santé et du respect de leurs droits à la défense», selon le Quai d’Orsay.



Source link

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


+ 80 = 85