quand l’État-nounou fabrique une usine à gaz pour raccommoder votre pantalon


VOYAGE EN ABSURDISTAN (1/5) – Le bonus réparation est devenu un symbole de la complexité administrative dont la France a le secret. Les flux financiers distribués par l’État créent un sentiment de gabegie, cultivent des rentes et nourrissent les fraudes.

« Quand on pense qu’on rembourse même les braguettes… » Brice Rabaste, le maire de Chelles, en Seine-et-Marne, lâche cette phrase au détour de la conversation sur l’administration. Il n’est pas le seul. Au cours de notre enquête, plusieurs élus, fonctionnaires et chefs d’entreprise ont marqué ce même moment d’arrêt, avec ce même ton mi-désabusé, mi-sidéré, sur ce même sujet : le bonus réparation. Le dispositif est devenu un symbole. Celui d’un État qui s’immisce dans l’infiniment petit alors qu’il ne parvient plus à être efficace pour ce qui est essentiel. Qui mobilise de l’argent pour atteindre un objectif secondaire mais n’a plus un rond pour financer ses priorités. Qui invente des tuyauteries financières et cultive les rentes de situation. C’est absurde. Et encore plus parce que tout le monde le sait sans que cela change quoi que ce soit.

La lecture sur le site de l’Ademe (Agence de la transition écologique) des barèmes du bonus réparation, créé fin 2022 et étendu plusieurs…

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