dans les petits salons des restaurants lyonnais, où les affaires se discutent à l’abri des regards


ENQUÊTE – Des bouchons aux tables les plus huppées, le monde des affaires lyonnais continue de s’y retrouver pour négocier, célébrer et, parfois, signer d’importants contrats. Un rite local qui, malgré tout, commence à s’éroder.

Si les murs avaient des oreilles, ceux des arrière-salles de restaurant lyonnais seraient sans aucun doute les mieux informés de la ville. Il faut dire que la légendaire discrétion lyonnaise a trouvé un écrin sur mesure pour ses conversations stratégiques dans les salons feutrés proposés par certains bouchons courus et établissements plus huppés. Entre les faïences d’époque de la Mère Brazier, sous les plafonds à la française du Café Comptoir Abel, sur les parquets pointe de Hongrie du Président ou entre les banquettes carmin du Cintra, ces tables ont été le cadre de nombreux repas d’affaires et de signatures de contrats ayant parfois façonné la cité. Une tradition commencée dès l’après-guerre, quand le maire Édouard Herriot recevait chez Nandron, sur les quais de Saône.

« Ces salons ont longtemps été prisés par les promoteurs immobiliers qui montaient leur affaire en arrosant le repas d’un peu d’alcool, raconte un avocat d’affaires et ancien élu lyonnais. Ce sont d’anciennes manières, beaucoup d’affaires dont parlait Édouard Herriot y ont été signées…

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